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Colette et les siennes

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Colette et les siennes - Dominique Bona

L'été 14, il n'y a plus d'hommes à Paris. Par millions, ils sont montés au front, chantant la Marseillaise, un oeillet fixé à la baïonnette. Aux derniers jours d'août, dans les maisons, dans les rues, une atmosphère nouvelle gagne. Un Paris livré aux femmes où l'on s'inquiète, on s'épaule, on s'organise. On se rapproche et on s'amuse, aussi. Dans sa villa de la rue Cortambert, Colette, la romancière, la journaliste, la femme libre, follement éprise d'Henry de Jouvenel, a fait venir ses trois amies les plus proches. Toutes appartiennent au monde sulfureux de la littérature et du spectacle. Il y a là Marguerite Moreno, comédienne de théâtre, des cheveux noirs et lisses, le profil d'une Egyptienne. Annie de Pène, la presque soeur, "des yeux dorés comme l'aventurine", comme elle, chroniqueuse de la vie parisienne. Et Musidora, dite "Musi", danseuse de cabaret bientôt célèbre : vêtue d'une cagoule et d'un collant noir dessiné par Paul Poiret, elle sera la star des "Vampires", l'un des grands succès du cinéma muet. Ensemble, sous le ciel de Paris où passent les dirigeables, elles vont lire, écrire, danser, rire, cuisiner, aimer, traverser le temps cruel de la guerre. Chacune accomplit son destin. Ces quatre amies tendres se moquent du qu'en dira-t-on : en pantalon, les cheveux courts, ou en déshabillés, elles sont libres de leurs gestes, de leurs paroles, de leurs amours. Le canon tonne au loin ; la faim s'ajoute à la peur ; mais les mots et la douceur emportent tout. C'est une ronde, joueuse, câline, où l'on croise Liane de Pougy, Natalie Barney, des enfants lointains, mais aussi Willy l'ex-mari de Colette, Jouvenel le magnifique et son fils Bertrand.

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