L'amant éconduit
(Saint-Moret, Yonne)

C’est à Bordeaux, il y a-t-une jolie brune ; (bis)
Elle est si belle, si parfaite en beauté.
Qu’elle a charmé le cœur d’un marinier.
Beau marinier, si tu voulais m’aimer !
Un anneau d’or que j’ai à t’y donner,
Beau marinier, si tu voulais m’aimer !
Quand ils étaient tous deux dedans la chambre,
On n’entendait que des embrassements
Entre la belle et son fidèle amant.
Son autre amant à la porte qui écoute,
Joignant les mains, levant les yeux au ciel,
Disait : Grand Dieu! que je suis malheureux !
D’avoir aimé une si jolie brune,
Lui avoir donné tout c’que son cœur charmait,
Dire qu’aujourd’hui il me faut la quitter !
Oh ! dis , galant, c’est ta méchante mère,
Ell’ me disait, ell' me parlait souvent,
Si tu m’aimais c’est pour passer le temps.
Oh ! va, la belle, n’écoute pas ces paroles,
Rends-moi ton cœur, le mien sera le tien ;
Embrasse-moi, mon cœur sera pour toi.
Elle m’a donné un beau bouquet de roses
Tout à l’entour garni de jassemins,
Quand je le vois il baisse mon chagrin.
Adieu chagrin, adieu mélancolie,
Adieu chagrin, ne restez plus chez moi
Puisque la belle m’a refusé sa foi.

Melusine - Revue de mythologie littérature populaire traditions et usages – 1878

L'amant éconduit

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Au secours ! Je suis persu !