Voilà la Saint-Jean
(chanson du Maine)

Voilà la Saint-Jean passée,
Le mois d'Août approchant
Où les garçons des villages
S'en vont la gerbe battant.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

Par le matin je me lève
Avec le soleil levant
Et j'entre dedans une aire,
Tous les batteurs sont dedans.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

Je salue la compagnie,
Les maîtres et les suivants.
Ils étaient bien vingt ou trente,
N'est-c'-pas un beau régiment ?
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

Je salue la jolie dame
Et tous les petits enfants,
Et dans ce jardin-là j'entre
Par une porte d'argent.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

V'là des bouquets qu'on apporte,
Chacun va se fleurissant;
A mon chapeau je n'attache
Que la simple fleur des champs.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

Mais je vois la giroflée
Qui fleurit rouge et blanc ;
J'en veux choisir une branche :
Pour ma mie c'est un présent.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

Dans la peine, dans l'ouvrage,
Dans les divertissements,
Je n'oublie jamais ma mie,
C'est ma pensée en tout temps.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

Ma mie reçoit des lettres
Par l'alouette des champs ;
Elle m'envoie les siennes
Par le rossignol charmant.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

Sans savoir lir' ni écrire
Nous lisons c'qui est dedans.
Il y a, dedans ces lettres :
Aime-moi, je t'aime tant !

Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !
Viendra le jour de la noce,
Travaillons en attendant !

Devers la Toussaint prochaine
J'aurai tout contentement.
Ho ! batteurs battons la gerbe,
Compagnons joyeusement !

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Au secours ! Je suis persu !