La chanson du vigneron
(chanson bourguignone)

O cher soleil,
Qui trop souvent t‘absente,
Aux grappes mûrissantes Donne un sang vermeil !
Vous qui gréiez, bons Saints, vous êtes dignes
De tous nos respects ;
Mais, par pitié, bons Saints geleurs de vignes,
Laissez-,nous en paix !
Le vin pris sans mesure
Rend triste compagnons ;
Chez nous, la chose est sure,
Il chasse le guignon !
Aimer son vin, quand on est Bourguignon,
C'est un péché mignon.

Le vigneron
N'a point le coeur d’un lâche.
Il fait sa rude tâche Comme un gai luron.
S’il quitte un jour la bêche ou la serpette,
Son travail est vain ;
Et bien souvent il boit de la piquette,
Lui qui fait le vin.
Il faut que tu le goûtes,
Mon brave compagnon,
Ce vin dont quelques gouttes
Préservent du guignon.
Aimer son vin, quand on est Bourguignon,
C'est un péché mignon.

Père Noé,
Vous êtes plein de gloire ;
Partout où l'on sait boire,
Vous serez loué.
Mais, pour trinquer, fuyons ces gens maussades,
Ces hargneux voisins.
Les braves gens, après quelques rasades,
Sont toujours cousins.
Chez nous on est aimable
Et tendre compagnon.
Le vin rit sur la table ;
On nargue le guignon.
Aimer son vin, quand on est Bourguignon,
C’est un péché mignon.

La chanson du vigneron (chanson bourguignone)

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Au secours ! Je suis persu !