Au secours ! Je suis perdu !

CHAPITRE IV


ANCIENNES PROPRIÉTÉS - ABBAYE SAINT-REMY - ABBAYE SAINT-MARIEN - CHATEAU ET SEIGNEURS - LA MOTTE DES USAGES

La superficie totale de la commune de Cheny est actuellement de 972 hectares. Au moyen âge et jusqu'en 1793, elle se partage entre l'abbaye de Saint-Remy de Sens, celle de Saint-Marien d'Auxerre, la seigneurie et enfin la communauté des habitants qui en eurent toujours la majeure partie, environ les deux tiers, grevée des redevances habituelles.

Abbaye de Saint-Rémy. - Le document le plus ancien concernant Cheny est un diplôme de Charles-le-Chauve, en 853, citant Cheny comme une des dépendances du monastère des Bénédictins de Saint-Rémy de Sens. Et en l'an 1020, Léotheric, archevêque de Sens, maintient ledit monastère dans ses droits, « au sujet de coutumes indûment perçues par le seigneur Adulphe. » Les biens de l'abbaye s'étendaient spécialement aux abords de l'église, sur la rive gauche de l'Armançon, et dans la direction d'Ormoy. En 1243, une contestation s'élève entre les religieux de Saint-Rémy et les habitants de Cheny. Le seigneur de Seignelay, Beaumont et Cheny, intervient comme arbitre, promettant loyalement aide et protection à ses hommes. Il règle le débat, relatif à des friches situées entre Cheny et Ormoy, ainsi qu'il suit : « Ces broussailles seront divisées par moitié, en tirant une ligne, de la montagne dans la vallée. La part tenant à Ormoy appartiendra absolument aux religieux qui pourront en disposer à leur gré, la mettre en culture, prés, bois, vignes. Quant à l'autre moitié, les religieux la loueront aux gens de Cheny ou à d'autres, pour être mise en culture ou en vigne. Et dans le cas où leurs conditions ne seraient point observées, ils pourront en disposer comme de la précédente ». En 1644, l'abbaye Saint-Rémy de Sens est réunie à celle de Saint-Pierre-le-Vif qui seule reste en nom. En 1754 les biens possédés par ce monastère contenant 88 arpents, en diverses pièces, font l'objet d'un bail assez curieux : « Outre les biens immeubles, les bailleurs cèdent aux preneurs leurs grandes dixmes de grains et vins, plus les menues dixmes, tant de laine, cochons, agneaux, que chenevières et navettes, qu'ils ont droit de percevoir, chacun an, sur les terres et seigneuries de Cheny. Ormoy et la Malmaison. Les preneurs paieront 900 livres en argent et cent bichets de froment. Ils seront tenus de payer le gros, dû au sieur Curé de Cheny, savoir sept cent vingt-quatre bichets, moitié froment, moitié avoine, et cinquante livres en argent ; de livrer aux bailleurs 24 aulnes de toile, chaque année, à la Saint-Jean, de fournir 10 livres pour l'entretien des vitres du choeur de l'église de Cheny; de loger et nourrir honnêtement domestiques et chevaux desdits, quand il leur plaira d'aller audit Cheny. »

En 1792, lesdits biens, formant un domaine appelé la Métairie des Chats, d'une contenance de 88 arpents, loués au sieur André Bon Bouvret moyennant 1500 livres, 100 bichets de blé, 58 bichets d'avoine, sont adjugés à M Edme Durand Prudence pour 62,800 francs.

Abbaye Saint-Marien. - Les biens, terres et prés, possédés sur le territoire de Cheny par l'antique abbaye des Prémontrés de Saint-Marien d' Auxerre s'étendaient aux abords de Bonnard, sur la rive droite du Serein. J'aurais voulu pouvoir dire exactement l'importance de ce domaine. En 1550, dix-sept habitants de Bonnard et de Cheny reconnaissent être détenteurs de 75 arpents de terres et prés, sous la redevance de 75 bichets de grains, froment et avoine, envers l'abbaye Saint-Marien. Les archives départementales contiennent un grand nombre de documents très anciens, parchemins et autres, concernant les redevances des tenanciers de Cheny, à l'égard de Saint-Marien: ce sont simplement des baux, avec les conditions usitées suivant le temps. En 1792, lors de l'aliénation et vente des biens conventuels, devenus nationaux, le domaine Saint-Marien, à Bonnard et Cheny, me semble avoir échappé presque entièrement aux inquisitions et à l'application de la loi. Ce n'est qu'en 1811, le 1er septembre, que M Edme

Durand Prudence, achète une trentaine d'arpents de terre, vignes, prés, provenant de l'abbaye Saint-Marien moyennant 8754 fr.  Suivent d'autres acquisitions de moindre importance. (Voir Arch. dép., vol. 53. Arch. domaniales).

Ainsi qu'on le verra plus loin ces biens provenaient presque exclusivement des libéralités des seigneurs de Cheny au treizième siècle.

Le Château. - Le château n'est pas une oeuvre d'art : pas de tourelles, de clochetons aigus, pas de sculptures, comme en certains manoirs antiques. Cependant par son ancienneté, sa situation, ses souvenirs, il ne manque pas d'intérêt. La reconstruction est du dix-septième siècle. En effet, à l'angle nord-ouest, on lit celle inscription : « Le 6 Juin 1616, ceste pierre a été mise par Charles de Hannicques, fils de M de Benjamin, seigneur de Cheny. » La façade a trente-deux mètres de longueur et la largeur est neuf mètres. Au niveau du sol existent deux grandes salles, parfaitement voûtées qui rappellent les vastes salles d'armes des anciens chevaliers. Le corps de logis est somptueux. Dans ces dernières années le château a été exhaussé de deux mètres, l'étage remanié. Sur toute l'étendue de l'édifice, régnait une pièce unique, avec voussure en bois et peintures à grands traits ; rendez-vous renommé des chasseurs. Les murs étaient couverts de bons mots, bouts-rimés et charges humoristiques, qui ont disparu. A l'extérieur, peu d'ornements ; quelques pierres imbriquées aux embrasures. La porte principale est accostée de deux colonnes et surmontée d'un fronton, où figurent, au lieu des anciennes armoiries seigneuriales, deux personnages allégoriques, ayant à leurs pieds un trophée d'armes et les emblèmes de la République. Déjà, le temps a horriblement rongé ces figures. La propriété, de quelques hectares, était entourée de fossés profonds, remplis d'eaux fournies par la source de Voèvre, et amenées par des tuyaux souterrains. Quelques-uns veulent leur attribuer une origine romaine. L'eau par sa pression naturelle se distribuait dans tous les appartements du château ; aux angles du parc s'élevaient des tourelles basses, munies de remparts et de meurtrières. A la porte du côté nord se manoeuvrait un pont levis. Dans les dépendances, près de l'Armançon, on voit encore des ouvertures pour l'artillerie braquées dans la direction du pont de l'Armançon

Les Seigneurs. - Je n'ai pas la prétention d'expliquer comment les premiers chefs gallo-romains ont disparu, et comment leur autorité a passé à d'autres mains. Je constate que, pour être plus forts contre leurs ennemis, les sires de Seignelay détiennent dès le treizième siècle de nombreux villages, quelquefois une vingtaine, sous leur juridiction. Je cite simplement Beaumont, Bassou, Cheny, Migennes... La terre de Cheny reprend quelquefois son autonomie.

En 1211, Agnès de la Croix donne aux religieux de Saint-Marien une terre sur le terrain de Philippe de Cheny, chevalier, son époux. Hugues de la Croix confirme la donation faite par sa vénérable mère mourante. En 1268, Jean de Seignelay, sieur de Beaumont, seigneur de Cheny, écuyer de Sainte-Pereuse, confirme à l'abbaye de Saint-Marien la donation d'un setier de froment pour faire des hosties. En 1278, noble Gui de Beaumont, sieur de Cheny, donne à l'abbaye Saint-Marien une rente de trente sols, sur la rivière dudit Cheny. En 1303, Etienne II, chevalier, amortit tout ce que l'abbaye Saint-Marien possédait sur les terres de Seignelay, Beaumont, Cheny « pour le remède de son âme et de celles de ses parents. » Et, comme Jean de Beaumont, sire de Sainte-Pereuse et Guillaume de Marmeaux, écuyers, refusaient de signer ces lettres d'amortissement, Etienne ordonna que l'abbaye Saint-Marien leur paierait 35 livres tournois, mais aussi que le domaine qu'elle avait à Cheny serait quitte de toute charge envers ces seigneurs. En 1507, Claude de Savoisy fut condamné comme seigneur de Cheny à payer à l'abbaye Saint-Marien la rente d'un setier de froment, léguée anciennement par Jean de Seignelay et attachée au fief, lui-même s'y oblige de nouveau par transaction, en 1510. Son épouse Louise de Beaumont-Montrével, offre à l'abbaye des Isles, six livres de rente sur un héritage situé à Cheny et un demi-muid de vin clairet pour y fonder son obit.

En 1534, François de la Rivière, seigneur de Seignelay, enfant d'honneur du roi Charles VIl, est seigneur de Cheny ; il a onze enfants. Son second fils, Adrien, sire de Champlémy, reçoit la terre de Cheny. Jean de la Rivière, fils d'Adrien, seigneur de Cheny, Bonnart et autres lieux, fut bailli de Sens ; il épousa en 1563, Charlotte de Harlay, dame de Bassou, dont il eut Antoine, sieur de Cheny et de Bonnart, qui s'étant battu en duel, dut s'enfuir en Allemagne. Le même Jean de la Rivière épousa en secondes noces Marguerite Spifame: il en eut quatre garçons qui moururent à l'armée, et une fille appelée la Dame de Cheny, fille d'honneur de la Reine Marguerite, Elle mourut, sans postérité à Paris, à l'âge de cent trois ans.

En 1615 les seigneurs de Cheny sont les sires de Hannicques. Pendant cinquante ans leurs noms apparaissent continuellement, ils se font un honneur de présenter au baptême les enfants de familles diverses. Eux-mêmes, pour les cérémonies intéressant leur nombreuse famille, invitent plusieurs notabilités. 8 septembre 1616, baptême de Pierre Chopin ; parrain, noble Lambert de Hannicques ; marraine, noble dame Louise de Lambert, dame de Cheny. 21 juillet 1619, baptême de Laurent Laurin, marraine, noble demoiselle Anne de Hannicques. 2 octobre 1623, baptême de Roger Garnier, parrain, noble Roger de Hanniques, marraine, noble Magdeleine d'Escatot. 15 septembre 1625, baptême de Charles Laurent Chopin, parrain, noble Charles Dubreuil, homme d'armes d'une des compagnies de chevau-légers du Roi, sous la charge de M d'Heuré, seigneur de Venizy ; marraine, Anne Morin. 30 mai 1627, baptême de Pierre Gallois, fils du procureur : parrain, noble David de Chancy ; marraine, Eugénie Myré. 3 avril 1631, baptême de Charles Martin, fils de Jean Martin, boucher , parrain, noble Charles de Hannicques, sieur des Bordes, fils de Pierre de Hannicques, seigneur de Benjamin, Cheny, Bonnard, Looze, et marraine, Légères Moreau, femme de François Moreau, procureur fiscal. Trente et un mai mil six cent trente trois, baptême de Jean, fils de messire Gabriel Boudard, parrain, noble Jean de Margenac, fils de noble Charles de Margenac, seigneur de Mareuil ; marraine, demoiselle Valentine Eléonore de Martineau. 25 septembre 1640, baptême de Anne, fille de messire François Moreau marraine, Anne Larcher, femme de noble Charles de Hannicques Benjamin, seigneur des Bordes et de Bazarnes ; parrain, noble Charles de Hannicques Benjamin. 22 novembre 1646, baptême de Magdeleine, fille de messire Etienne le Joyeux, recteur des écoles, à Cheny, parrain, noble Charles de Hannicques Benjamin ; marraine, noble Magdeleine de Champagne, femme de M. Benjamin, seigneur de Cheny, Bonnart, la Malmaison et Beaumont en partie. 2 août 1648, baptême de Roger, fils de Claude Cornu, parrain noble Roger de Hannicques, seigneur de Looze ; marraine, demoiselle Magdeleine de Hannicques. fille de M. de Benjamin. 25 mars 1649, baptême de Marie, fille de Charles de Hannicques et de Magdeleine de Champagne, parrain. Charles de Hannicques, abbé de Benjamin, son oncle; marraine, Elisabeth de Chancy, dame de Cudot. 28 mai 1650, baptême de Roger de Hannicques, parrain, Roger de Hannicques, sieur de Looze; marraine, demoiselle Marie de Champagne. 3 mars 1652, baptême de Charlotte de Hannicques, parrain, M. Charles, abbé de Benjamin, official et chanoine de Sens ; marraine demoiselle Marie Mulinier dame de Bazarne, en Nivernais. 9 juin 1660, baptême d'Edme Maillard, marraine, Diane Poursin, fille de Claude Poursin, bailli de Seignelay. 6 avril 1669, baptême de Jacques, fils de Claude Lebeuf, receveur de Cheny, marraine, Geneviève des Ormeaux, femme d'André Sallatin, recteur de la manufacture de bas établie à Cheny. -16 décembre 1675, décès de Anne Hay, femme de messire Savinien Le Beuf, témoin, Edme Ray, lieutenant de la maréchaussée de Joigny. 15 juillet 1688, baptême de Germain, fils de Germain Sourdillat, garde des plaisirs de S. M. ; parrain, J. Frossard, garde des plaisirs de S. M. à. Migennes. 5 septembre 1691, baptême d'Anne, parrain noble Joachim Fernier, seigneur de Saint-Georges ; marraine, dame Edmée Martineau de Mormont, son épouse. 17 février 1696, baptême de Michel, fils de Claude Guyard, procureur à Cheny, parrain, Michel de Grimaudet, écuyer, seigneur de Motheux, gouverneur du Marquisat de Seignelay ; marraine, Marie de Grimaudet, veuve de Pierre Gelée, seigneur de Beaulieu, munitionnaire général des vivres de la marine.

Cette nomenclature peut montrer l'importance de la seigneurie de Cheny, pendant qu'elle appartenait aux sires de Hannicques.

En 1666, Jean-Baptiste de Colbert, baron de Seignelay acquiert les terres de Cheny, mises en adjudication, par décret, sur les héritiers de M. Charles de Hannicques. Ensemble, Cheny, Ormoy et la Malmaison, sont payés quatre-vingt mille francs. A la même époque, Cheny et le Port des Fontaines cessent de faire partie du bailliage de Villeneuve-Ie-Roi et sont rattachés au bailliage et grenier à sel de Seignelay. En 1792, Léon de Montmorency émigre au pays de Liége. Ses biens, savoir ceux de Cheny, du Port des Fontaines et de Bel-Air sont confisqués et mis en adjudication, à plusieurs reprises, au district de Saint-Florentin.

A Saint-Florentin, le 1er vendémiaire, an III de la République (22 septembre 1794), les bâtiments du ci-devant château, cour, maison de ferme et dépendances, cinquante arpents d'une part et vingt-trois arpents, d'autre part, sont adjugés au sieur Philippeaux de Joigny moyennant 59.200 fr. qui ont été payés en assignats. Un des propriétaires actuels, M. De Vathaire, de Senan possède un magnifique atlas, intitulé « seigneurie de Cheny », contenant en onze planches, d'un dessin parfait, la topographie du territoire, avec une teinte spéciale pour le domaine seigneurial. C'est un vrai cadastre, numéroté, pouvant servir, alors, au procureur fiscal, et aujourd'hui encore, à clore des contestations. Actuellement, la maison seigneuriale appartient à M. Amand- Durand.

La Motte. - A deux kilomètres, au sud-ouest de Cheny, existe un remarquable terrassement, élevé de main d'homme, communément désigné sous le nom de Motte des Usages, à cause de son voisinage avec les anciens communaux appelés usages. L’abbé Henry, historien de Seignelay, est venu la visiter, et il n'hésite pas à la qualifier de camp romain. Il peut dire vrai. La Motte, sorte de cuvette elliptique, a deux cent soixante-cinq mètres de circonférence. Elle était entourée de fossés profonds remplis par les sources de Voèvre. Ces fossés se comblent de jour en jour, par l'affaissement naturel des terres. Du côté nord, il y avait un pont de bois mobile. Le remblai avait bien dix mètres d'épaisseur, il était plus élevé du côté nord, plus évasé du côté sud-ouest. La Motte n'a jamais été fouillée. Elle est plantée de bois depuis 1808. Elle a son cortège de légendes habituelles. Entr’autres celle-ci : qu'à minuit le jour de Noël, une fée y ouvre tous ses trésors... ?

Maintenant, qu'est-ce que la Motte ? L'abbé Henry dit : c'est un camp romain. Les paysans disent: c'est une redoute. D'autres : c'est un tombeau. De nos jours, on attribue volontiers à ces sortes de choses, une origine celtique, on les considère comme des travaux de défense contre l'invasion romaine ; une fois aux mains des vainqueurs, ces ouvrages se retournaient contre les indigènes vaincus. - Plus souvent, on dit: Motte féodale. Rien de plus commun ; dans l’Yonne seulement, on en compte une cinquantaine. Qu'est-ce que ce mot signifie ? Etait-ce un point fortifié, un moyen de défense entre tels et tels seigneurs ? Etait-ce, comme on le dit, un emplacement où s'exerçait la justice ? Loisible à chacun de choisir l'hypothèse qui lui convient mieux : M. Quantin qui l'a visitée et mesurée, ne se prononce point. Une chose certaine c'est que la Motte a été le théâtre de batailles avec armes à feu. Aux abords après quelques grandes pluies, on peut ramasser sur le sol lavé, une poignée de projectiles vomis par l'artillerie et mousqueterie primitives. Quels étaient les belligérants ? Etaient-ce en 1469-1477, les Bourguignons mi-anglais, partisans de Charles-le-Téméraire, occupant l'Auxerrois, d'une part, ou bien d'autre part les hommes d'armes de Louis XI cantonnés dans notre région, sur les rives du Serein ? Etaient-ce, en 1593, aux jours de la ligue, les soldats de l'amiral Biron, venant de Bonnard, séjournant pendant un mois au Mont-Saint-Sulpice et pillant de là tous les villages d'alentour? Je ne saurais préciser toutes ces questions. Actuellement, la Motte appartient encore aux de Montmorency. Pendant une bonne partie de l'année les fossés s'emplissent des sources de Voèvre. Autrefois, ces sources captées alimentaient le château et en remplissaient les fossés, on s'étonne que de nos jours, d'intelligentes municipalités ne refassent point pour la commune ce que les anciens seigneurs avaient bien fait pour eux. La réponse péremptoire est celle-ci : ces sources sont très intermittentes et ne suffiraient plus.

Les Usages. - De temps immémorial, et par suite de libéralités dont les auteurs ne sont plus connus, le bourg de Cheny avait des biens communaux, d'une certaine étendue. Ormoy en avait également de même provenance et y attenant. A la fin du dix-septième siècle, ces biens sont l'objet d'un litige entre Ormoy et Cheny. En 1699, un arrêt du Parlement termine le débat. et maintient Ormoy dans ses droits contestés. L'arrêt a été publié dans toute sa teneur dans l'Annuaire de l'Yonne. année 1892. Jusqu'en 1793 les usages étaient concédés en usufruit aux habitants de Cheny, par ménage, suivant de vieux règlements. Le 18 messidor an II de la République, ces biens communaux sont livrés à la jouissance publique, et partagés foncièrement, entre 644 individus. Les actes de partage assez intéressants existent à la Mairie.

En ce qui concerne Ferte-Rive: « la source, les fosses à rouir, et le chemin, sont exclusivement réservés à la communauté. »

Sans vouloir critiquer en rien cet acte de partage, assez conforme aux idées égalitaires en vogue de nos jours, on peut se demander si la commune a réellement servi en cela ses propres intérêts, et en citant ce fait d'expérience, demander combien, parmi les six cent quarante-quatre copartageants, ont gardé le lot qui leur était échu.

Sommaire
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V

Document "Cheny mon Village"