Au secours ! Je suis perdu !
Hydrographie de l'Yonne
par Adolphe Joanne

LES COURS D'EAU

Le plus grand nombre des cours d'eau du département s'écoulent dans la Seine par l'Yonne et le Loing ; les autres se dirigent vers la Loire.
La Seine ne touche point le département de l'Yonne, mais le point de son cours le plus rapproché n'en est guère qu'à 5 kilomètres. Ce fleuve naît dans la Côte-d'Or, baigne Troyes, Montereau, Melun, Paris, Rouen, et se perd dans la Manche, par un large estuaire, entre le Havre et Honfleur, après avoir traversé ou bordé neuf départements : la Côte-d'Or, l'Aube, la Marne, Seine-et-Marne, la Seine, Seine-et-Oise, l'Eure, la Seine Inférieure et le Calvados. Son cours est de 776 kilomètres, son bassin de 7 751 000 hectares, le volume d'eau qu'il verse à la mer de 694 mètres cubes d'eau par seconde, en moyenne.
L'Yonne prend sa source dans le département de la Nièvre, aux étangs de Belle-Perche, près de Glux-en-Glaine, au pied du mont Beuvray, à 15 kilomètres au sud-est de Château-Chinon. Sa source est à 726 mètres d'altitude ; son embouchure, à 50 mètres. Sa longueur est de 273 kilomètres. A partir d'Auxerre, la rivière a une largeur moyenne de 80 mètres. Elle entre dans le département de l'Yonne à Coulanges ; passe à Châtel-Censoir, à Mailly, à Cravant, où elle reçoit la Cure ; à Auxerre ; à Bassou, où se jette le Serein ; sur le territoire de Cheny, où elle reçoit l'Armançon, et, un peu plus loin, à la Roche, où finit le canal de Bourgogne. Elle arrose ensuite Saint-Cydroine, où tombe le Ravillon ; Joigny, Cézy, où se jettent le Tholon et le Vrin, Saint-Aubin, Villecien, Villevallier, Armeau, Villeneuve-sur-Yonne ; Sens, où débouche la Vanne, Pont-sur-Yonne, Villeneuve-la-Guyard, limite du département. Au-delà, l'Yonne entre dans le département de Seine-et-Marne et s'y jette dans la Seine à Montereau. Flottable à bûches perdues dès sa source, elle devient flottable pour les trains de bois à Armes (3 kilomètres en amont de Clamecy, Nièvre), et navigable à Cravant. Sans les éclusées ou retenues d'eau qu'on lâche 50 à 60 fois par an, elle ne serait ni navigable ni flottable en été.
Les écluses commencent au pertuis d'Armes (Nièvre).
Les affluents de l'Yonne dans le département qui lui doit son nom sont le ruisseau d'Asnières, la Druyes, la Cure, le ru de Genotte, le ruisseau de Vallan, le Baulche, le ru de Sinotte, le ruisseau de la Biche, le Serein, l'Armançon, le Ravillon, le Tholon, le Vrin, le ruisseau d'Ocq, le ru Saint-Ange, la Vanne et l'Oreuse.
Le ruisseau d'Asnières naît près de Chamonx, baigne Asnières et tombe dans l'Yonne (rive droite) à Châtel-Censoir.
La rivière de Druyes, qui prend sa source dans la commune du même nom et qui arrose Andryes, se jette dans l'Yonne à Surgy (Nièvre), à 3 kilomètres en amont de Coulanges-sur- Yonne. Elle n'a qu'un cours de 13 à 14 kilomètres, mais le volume de ses eaux est assez considérable.
La Cure (112 kilomètres) a sa source à 12 ou 13 kilomètres, en ligne droite, à l'est-nord-est de Château-Chinon, dans le département de Saône-et-Loire, en plein Morvan, dans la forêt d'Anost, à 700 mètres environ d'altitude. Dans la Nièvre, elle forme le célèbre réservoir ou étang des Settons, qui fournit à l'Yonne pendant les sécheresses l'eau nécessaire au flottage des bois. Vers Dun-les-Places, elle sert quelque temps de limite entre le département de la Nièvre et celui de l'Yonne, pénètre dans l'Yonne, redevient frontière, vient baigner dans l'Yonne le pittoresque château de Chastellux, puis rentre une dernière fois dans la Nièvre, pour passer définitivement dans l'Yonne en aval de l'embouchure de la Brajanne. Elle traverse le territoire de Saint-André-en-Morvan, et celui de Domecy-sur-Cure, baigne la base de la célèbre colline de Vézelay, et reçoit le Cousin en aval de Givry. Elle se jette dans l'Yonne (rive droite) en amont de Cravant, par environ 115 mètres d'altitude, et double, ou à peu près, son volume, du moins en temps d'étiage, car alors elle donne par seconde environ 2 000 litres, l'Yonne en débitant 2 000 à 2 500. La Cure est flottable à bûches perdues depuis le département de la Nièvre jusqu'à Arcy, où se fabriquent les trains de bois.
La Cure reçoit, dans l'Yonne, le Cousin et le ru du Moulin. Le Cousin, tributaire de droite, né sur les limites de la Nièvre et de la Côte-d'Or, entre dans le département au sud-est de Quarré-Ies-Tombes, passe au pied de la terrasse d'Avallon, à Pontaubert, au Vault-de-Lugny, et se jette dans la Cure, près de Blannay, par 140 mètres environ d'altitude. Son débit moyen est assez fort, et ses crues sont considérables. Il a 60 à 65 kilomètres de cours. Le Cousin reçoit, dans le département de l'Yonne : le Tournesac (rive droite), né près de Saulieu (Côte-d'Or) ; (rive gauche) le déversoir des étangs de Marrault ; (rive droite) le ru de Bouchin, qui passe près d'Annéot, et le ruisseau de Girolles. - Le ru du Moulin, autre affluent de la Cure, vient de Provency, passe à Lucy-le-Bois et débouche dans la Cure (rive droite) à Voutenay.
Le ru de Genotte passe à Charentenay, à Val-de-Mercy et se joint à l'Yonne (rive gauche) en aval de Vincelles.
Le ruisseau de Vallan et de Gy-l'Évêque, qui alimente Auxerre d'eau potable, a son embouchure dans l'Yonne (rive gauche) un peu en amont d'Auxerre, dont il baigne un faubourg.
Le Baulche (30 kilomètres) naît à Diges, dans des collines de 280 à 314 mètres, arrose les territoires de Villefargeau, Saint-Georges, Perrigny, et tombe dans l'Yonne (rive gauche) en aval de Monéteau. Elle se grossit du ruisseau d'Escamps.
Le ru de Sinotte, qui ne coule guère que six mois par an, a son embouchure à Gurgy (rive droite).
Le ruisseau de la Biche (vallée tourbeuse) rejoint l'Yonne à Appoigny (rive gauche).
Le Serein (109 kilomètres de cours) sort de terre, à 400 mètres d'altitude, au pied du mont Chevrot (530 mètres), au-dessus de Beurey-Bauguay (Côte-d'Or). Dans le département de l'Yonne, il passe à Guillon, a l'Isle, à Massangis, à Grimault, à Noyers, Annay, Sainte-Vertu, Poilly, Chemilly, Chichée, à Chablis, à Poinchy, à Maligny, à Ligny-le-Châtel, à Pontigny, à Hauterive, et se mêle à l'Yonne près de Bonnard. En hiver, cette rivière est sujette à des débordements qui ensablent les prairies de ses bords. - Le Serein reçoit de belles sources, dues aux infiltrations des plateaux calcaires au sein desquels est creusée sa vallée, et un grand nombre de ruisseaux dont les principaux sont ceux de Monceaux, des Rouges, de la Goulle, de Beine, du Poncelot, des Cinquantaines, du Bois, et le ru Buchin.
L'Armançon, rivière au cours sinueux, est formé à la lisière du bois de Vèvre, à 405 mètres d'altitude, par la fontaine de Tagny (Côte-d'Or). Non loin de Pouilly-en-Montagne, elle rencontre le canal de Bourgogne, qui la longe presque partout jusqu'à son embouchure. C'est en aval d'Aisy que cette rivière entre dans le département de l'Yonne, où elle reçoit des sources considérables notamment la curieuse Fosse Dionne, à Tonnerre. Outre cette ville, l'Armançon baigne Perrigny, Cry, Nuits, Fulvy, Chassignelles, passe entre Cusy et Ancy-le-Franc, arrose Pacy, Lézinnes, Ancy-le-Libre, Argentenay, Saint-Vinnemer, Commissey, Cheney, Tronchoy, Brienon, et se perd dans l'Yonne en aval de Cheny. Son cours est d'environ 200 kilomètres, dont 120 dans I'Yonne. - Cette rivière reçoit un certain nombre de ruisseau, et l'Armance, petite rivière (50 kilomètres, dont 10 dans l'Yonne) qui naît, près de Chaource (Aube), de fontaines nombreuses donnant assez d'eau pour que la rivière qu'elles forment mette aussitôt en mouvement des usines. Elle tombe dans l'Armançon (rive droite) en aval de Saint-Florentin, où le canal de Bourgogne la traverse sur un beau pont aqueduc.
Le Ravillon naît dans la commune de Charbuy, passe près de Poilly, de Laduz, de Guerchy, de Neuilly, de Champlay, croise le chemin de fer de Paris à Lyon, et se perd dans I'Yonne (rive gauche) en face de Saint-Cydroine.
Le Tholon se forme à 8 kilomètres de Toucy, sur le territoire de Parly, au pied de collines de 314 mètres, baigne Saint-Maurice-Thizouailles où tombe l'Ocre, à Chassy, Aillant, Senan, Champvallon, Paroy, Chamvres, croise le chemin de fer de Paris à Lyon, puis, à 2 kilomètres de l'Yonne, tourne brusquement au nord-ouest pour n'aller grossir cette rivière (rive gauche) que 3 kilomètres plus loin, près de Cézy. Cours, 40 kilomètres.
Le Vrin ou Saint-Vrin (40 kilomètres) sort de l'étang de Saint-Vrin, dans le bois de Maurepas, commune de Merry-la-Vallée, baigne la Ferté-Loupière, Saint-Romain-le-Preux, Sépeaux, Précy, croise le chemin de fer de Paris à Lyon et tombe dans l'Yonne (rive gauche) à Cézy, à 2 kilomètres en aval de l'embouchure du Tholon.
L'Ocq vient de Verlin et rejoint l'Yonne (rive gauche) en a val de Saint-Julien-du-Sault, en face de Villevallier.
Le ru Saint-Ange, dont l'embouchure est à 500 mètres en aval de Villeneuve-sur-Yonne (rive gauche), vient de la forêt d'Othe par Dixmont et les Bordes.
La Vanne est une rivière charmante, dont les eaux, provenant de fontaines magnifique situées sur le territoire de Fontvannes et de Saint-Benoît-sur-Vanne (Aube), sont si claires, si fraîches, si abondantes que la ville de Paris en a acheté une partie pour son alimentation en eaux potables. Sa source la plus élevée est importante : elle se trouve à 16 kilomètres à l'ouest de Troyes, dans un village qui en a pris le nom de Fontvannes. Elle entre dans le département de I'Yonne à l'est de Flacy, coule à l'ouest, passe, à Villeneuve-l'Archevêque, à Molinons, à Chigy, à Pont-sur-Vanne, aux deux Malay, et se jette dans l'Yonne à Sens, après un cours d'un peu plus de 62 kilomètres, dont 36 dans I'Yonne. Depuis qu'un vaste aqueduc, en ciment romain de Vassy, amène à Paris l'eau de plusieurs de ses sources, le débit de la Vanne a considérablement diminué. Sa vallée est essentiellement tourbeuse.
L'Oreuse prend sa source sous l'église de Thorigny, passe à Fleurigny, à la Chapelle, à Gisy-les-Nobles, et se jette dans l'Yonne par deux embouchures, l'une à la ferme de Sixte, commune de Michery, l'autre en amont de Pont-sur-Yonne, presque en face de Villeperrot.
Le Loing, affluent direct de la Seine, est une rivière d'environ 160 kilomètres (dont 43 dans l'Yonne), qui prend sa source à la ferme du Loing, commune de Sainte-Colombe, au sein de collines de 250 à 330 mètres. Il arrose Saint-Sauveur, Moutiers, où il traverse un vaste étang, Saint-Fargeau, Sant-Privé, Bléneau et Rogny. En amont de Dammarie, le Loing, que longe depuis Rogny le canal de Briare, quitte l'Yonne pour le Loiret. Il alimente en partie le canal de Briare, qu'il suit jusqu'à son embouchure dans la Seine à Saint-Mammès (Seine-et-Marne). Son débit est très faible, parce que, depuis Saint-Privé, une grande partie de ses eaux est conduite par une rigole dans le bief de partage du canal de Briare.
Le Loing reçoit dans le département de l'Yonne : à Saint-Fargeau, (rive gauche) le ruisseau de Bourdon, grossi du ru Boitron ; en amont de Bléneau, (rive droite) la Chasserelle ; en dehors du département, à Conflans et à Amilly (Loiret), les deux bras de l'Ouanne, rivière aussi forte que le Loing : quand ces deux cours d'eau se rencontrent, le Loing n'a parcouru que 75 kilomètres, l'Ouanne 85 dont 50 dans l'Yonne. L'Ouanne commence au-dessus du village d'Ouanne, arrose Leugny, Moulins, Toucy, Dracy, Villiers-Saint-Benoît, Grandchamp, Saint-Martin, Charny, la Motte-aux-Aulnaies, et reçoit le Branlin (40 kilomètres), venu des collines de la Puisaye par Mézilles, Tannerre, Malicorne. Le Branlin sort d'un étang situé au nord de Saint-Sauveur ; il est grossi du Four, qui passe à Sept-Fonds, Villeneuve-les-Genêts et à Champignelles. L'Ouanne quitte l'Yonne en aval de la Mothe pour entrer dans le Loiret. - Le Loing recueille, dans le Loiret, deux autres cours d'eau qui ont leur source dans l'Yonne : le Cléry, Cléris ou Biez (45 kilomètres), qui naît sur la limite commune du département, à l'est de Courtenay, entre Domats et Savigny, et se jette dans le Loing près de Nargis ; le Bez (50 kilomètres), qui naît dans un étang près de Domats et tombe dans le Loing en aval de Dordives. - En Seine-et-Marne, à Épizy, le Loing recueille les eaux du Lunain (53 kilomètres), qui a sa source dans l'Yonne, à 4 kilomètres au-dessus de Courtoin ; puis, à Moret, l'Orvanne(40 kilomètres), formée, près de Villebougis, dans des collines de 150 à 200 mètres. Dans l'Yonne, l'Orvanne arrose Dollot et Vallery.
La Loire ne touche point le département ; elle en passe à une distance de 10 kilomètres au sud-ouest. Le département de l'Yonne lui envoie : la Vrille, qui naît à Treigny ; le ruisseau de Bonny, qui ne traverse que la commune de Lavau, et le ruisseau de Briare, qui passe sur les territoires de Saint-Privé, et de Bléneau.

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