Chapitre IV Histoire de la rivière d'Armançon - 1790-1887 |
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La suppression des droits féodaux, en 1790, fit disparaître les
différentes servitudes établies sur l'Armançon au profit des seigneurs et des
simples particuliers. Le commerce des bois profita du nouveau régime et l'Etat,
substitué aux droits privés, dut s'intéresser à l'entretien de la rivière. Mais
les travaux du canal de Bourgogne firent négliger l'Armançon ; puis les
évènements généraux le firent perdre de vue davantage. Cependant, les conditions
d'établissement du canal qui longeait la rivière depuis Buffon firent opérer des
redressements du lit de l'Armançon, mais de peu d'importance ; à Saint-
Florentin, où la rivière menaçait d'enlever une partie de la route d'Auxerre à
Troyes (an IX) ; l'ouverture d'un nouveau lit entre Tonnerre et Grisey (1810) ;
Commissey, à Pacy, à Tanlay, etc.
Le flottage des bois en trains continua
d'exister. En 1819, le flottage à bûches perdues se faisait encore de Saint-
Florentin à Brienon, et même, en remontant, jusqu'à l'embouchure de la Brenne,
au-dessous de Buffon, mais, depuis 1796, on ne flottait plus en trains au-dessus
de Saint-Florentin. Le canal de Bourgogne ayant été ouvert à la navigation au
mois de décembre 1832, le transport des bois se fit dès lors par cette voie par
bateaux. Les trains de charpente, en petit nombre, sont construits à proximité
des centres d'exploitation des bois. La plupart viennent de Saint-Jean-de-Lône
et sont formés de sapins du Jura amenés par le Doubs et le canal du Rhône au
Rhin.
Un règlement général pour l'usage des eaux de l'Armançon depuis Brienon en
aval, rédigé sur les réclamations de M Robillard, ancien ingénieur en chef du
canal et propriétaire du moulin de Saint-Martin, le 7 septembre 1836, approuvé
par le ministre des travaux publics le 25 octobre suivant, détermina les droits
respectifs des usiniers et des entrepreneurs de flottage, mais tout en faveur de
ces derniers.
L'administration des Ponts et Chaussées portant son attention sur
l'amélioration des rivières et autres cours d'eau secondaires provoqua, en 1856,
la formation d'un syndicat pour arriver au curage et à la réglementation de
l'Armançon, qui fut constitué définitivement en 1860 et dont le siège était à
Tonnerre. Mais, depuis l'établissement de la navigation continue sur la rivière
d'Yonne, l'utilité de l'Armançon pour le flottage devint nulle ; les dépenses
d'entretien par l'Etat sans fruit pour lui. Depuis 1869 jusqu'en 1876, le
Conseil général de l'Yonne, parlant de l'Armançon, répète, chaque année, comme
un glas funèbre "que le flottage n'existe plus, qu'elle ne présente plus
d'intérêt au point de vue de la navigation, et que, lorsque la navigation sera
continue sur l'Yonne, il n'y aura plus aucune utilité à maintenir l'Armançon
comme rivière flottable".
Sur la demande même du Conseil municipal de Brienon, et
après enquête dans les communes intéressées, un décret du 7 mai dernier a
prononcé le déclassement comme rivière flottable de la partie de l'Armançon
comprise entre Brienon et son embouchure dans l'Yonne. Toute la partie
antérieure de la rivière ne comptait déjà plus comme rivière navigable ni
flottable.
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