Chapitre V Histoire des ponts |
|
Les documents font défaut sur la plupart des ponts
qui ont existé sur l'Armançon depuis le temps des Romains, et l'on ne peut en
apprécier approximativement l'âge que par leur style.
On voit encore à Lézinnes,
au dessous du pont actuel, dans le lit de la rivière, deux îlots qui marquent
l'emplacement où s'élevait le pont de la voie de Sens à Alise. Les villes de
Semur et de Tonnerre ont dû avoir, dès le temps de ces conquérants, un passage
sur la rivière qui était probablement au même lieu où s'élèvent aujourd'hui les
ponts modernes, mais toute trace de ces monuments a disparu.
On remarquait, en
1826, que les ponts étaient nombreux dans le département de l'Yonne, au-dessus
de Tonnerre, car, de cette ville à Aisy, sur une étendue de douze lieues, on en
comptait onze, tandis qu'au dessous, on n'en rencontrait point entre Tonnerre et
Saint-Florentin, et qu'il y en avait trois seulement de la dernière de ces
villes à La Roche.
Voici le relevé des ponts dont nous avons constaté
l'existence historique.
Département de la Côte-d'Or Ponts d'Aiguilly, de Normiers, de Saint-Thibault.
Marcigny-sous-Thil - Pont du dernier siècle (travaux en 1737).
Montigny-sur-Armançon - Pont à deux arches du XVIe siècle. La ville de Semur y avait droit de péage avant 1790.
Pont et Saumaise - Ponts modernes.
Semur - Pont Pinard - Edifice à deux arches,
reconstruit au XVIIe siècle, après l'inondation du 17 juillet 1613 qui 1'avait
emporté.
Semur - Le Pont-Joly qui tire son nom de celui de M. Florent Joly, de
Semur, maître à la Chambre des Comptes, élu des Etats de Bourgogne, qui prit une
grande part à cette création. Dès 1758, les élus avaient conçu le projet de ce
pont en même temps que la construction de la route de Montbard.
La rivière d'Armançon présente ici un aspect particulier. Elle coule dans un vallon aux
pentes escarpées et entoure aux trois quarts la ville qui s'élève sur la
hauteur. Sur le sommet d'un rocher se montre encore le château fort du moyen
âge, flanqué de quatre grosses tours rondes, reliées par des murailles crénelées
inaccessibles. Les bords de l'Armançon, couverts de bois et de bruyères, offrent
autour de Semur les sites les plus pittoresques.
Avant la construction du Pont-Joly, les voitures lourdement chargées ne pouvaient arriver à Semur qu'avec de
grandes difficultés.
Le plan et le devis du pont furent dressés le 26 avril 1778
par M Dumarrey, ingénieur en Chef de la Province et, le 16 mai suivant, les
travaux furent adjugés à LN Machureau, entrepreneur à Dijon, moyennant la somme
de 55 000 livres qui, avec les travaux d'augmentation s'élevèrent à 116 763
livres. Les travaux marchèrent rapidement et le tout était terminé en 1785.
Suivant Maillard de Chambure, M Joly aurait posé la première pierre du pont le
13 septembre 1777, et la ville de Semur contribua pour une large part dans la
construction.
Ce beau pont est d'une seule arche à plein cintre, de 24 mètres
d'ouverture ; ses pentes ont 244 mètres de développement et sont soutenues par
d'épaisses murailles de granit.
Après le Pont-Joly vient le Pont-des-Minimes, à
deux arches, qui reçut son nom de l'ancien couvent de ce nom qui en était
voisin. Avant la fondation de ce couvent, au XVIIe siècle, il s'appelait le
Pont-Dieu. Il servait d'entrée à la ville avant la construction du Pont-Joly.
Ajoutons à Semur le viaduc du chemin de fer de Cravan aux Laumes, de sept
arches, dont une seule sert au passage de la rivière.
En continuant la descente de l'Armançon on trouve :
le pont de Chevigny (ancien), surélevé de deux arches,
il y a cinquante ans, pour servir à la route de Montbard ; les ponts de Millery ;
de Genay (XVIIIe siècle) ; d'Athie (moderne) ; de Saint-Jacques, au-dessus de
Saint-Germain-les-Senailly, réparé en 1732 ; de Buffon (ancien), et où s'élève
aussi un nouveau pont pour le chemin de fer de Paris à Lyon.
|