Chapitre VI Notes sur quelques inondations de l'Armançon |
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Le 15 novembre 1521, un messager envoyé d'Auxerre avec le fils du lieutenant de Bar-sur-Seine,
porteur de lettres missives de messire Germain de Charmoy, chanoine d'Auxerre, dans
un procès à Langres, étant arrivé à Tonnerre, ne put continuer sa route "pour
les grandes et impétueuses eaux y estoient, et disoit avoir laissé son compagnon
à Tonnerre, attendant les eaux destournez qui ne pouvoient estre de six jours,
comme la commune opinion estoit". Le messager étant de retour à Auxerre, Pierre
de Maujot, chanoine, expéditeur des lettres, fit dresser procès-verbal notarié,
selon l'usage du temps, pour se justifier des retards arrivés.
Cette relation prouve que les ponts de Tonnerre et leurs abords étaient sous l'eau et
inaccessibles.
A Semur, le faubourg des Vaux qui s'étend sur la rive gauche de
la rivière a été plusieurs fois emporté par l'Armançon, et notamment le 17
juillet 1613, et le Roi accorda, à la suite de cet évènement, une exemption de
toutes les impositions aux habitants, pour les aider à relever les ruines de
leurs demeures. Une inscription conservée à l'Hôtel-de-Ville, rapporte que
l'inondation détruisit le pont Pinard et un certain nombre de maisons, et fit
périr quinze personnes. En voici les termes :
An. MDCXIII, Jul. XVII Armenso Au mois de novembre 1710, une nouvelle inondation causa de grands ravages dans
le même faubourg et dans les environs de Semur. Les Etats de Bourgogne, ayant
fait dresser un rapport de cet événement, prirent à leur charge les réparations
nécessitées par la chute des maisons.
D'autres crues de l'Armançon ont été surtout remarquables à Semur, savoir :
Au printemps de l'an 1830, à la fonte des
glaces, la débâcle a été considérable, mais les ponts ont résisté.
Le 14 juin
1835, une trombe d'eau a grossi la rivière subitement ; deux ponceaux ont été
enlevés et une maison s'est écroulée écrasant une femme sous ses ruines (1).
On cite
encore la crue du 12 mai 1856 et celle du mois de septembre 1866. La première,
constatée au pont Pinard, à Semur, était à la hauteur du parapet de 1,95 m ; la
seconde était de 0,20 plus haut.
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(1) Cet épisode est le sujet d'un tableau de Bouhot, conservé au musée de Semur,
et ayant pour titre : Vue du Pont de la Poissonnerie après l'inondation du 14 juin 1833. |