Bulletin de la Société française de photographie
et autres revues sur la photographie.

Bulletin de la Société française de photographie – 1867

          M. Amand Durand présente à la Société divers spécimens d’héliographie sur acier et sur cuivre pour tirage typographique et en taille-douce. Il joint à la présentation de ces spécimens celle d’un certain nombre des planches qui lui ont servi à les obtenir.
          Parmi les spécimens que présente M. Arnaud Durand, plusieurs sont la reproduction tantôt agrandie, tantôt diminuée des mêmes sujets. Ces sujets sont d’ailleurs extrêmement variés : gravures anciennes, gravures modernes, lithographies, cartes, musique, dessins industriels, etc.
          M. Amand Durand emploie le procédé primitif de Nicéphore Niepce, qu’il a d’ailleurs modifié et perfectionné. Il préfère ce procédé aux procédés basés sur l’emploi des mélanges bichromates, parce que, suivant lui, les épreuves obtenues dans ces conditions ne peuvent pas, comme les épreuves au bitume de Judée, résister à la morsure profonde des acides. Les mélanges bichromates fournissent sans doute de fort belles épreuves, mais celles-ci ne semblent pas, à M. Durand, devoir prendre rang au nombre des productions industrielles proprement dites ; elles sont plutôt du domaine artistique. II explique, du reste, comment son procédé consiste surtout à produire une gravure primitive, encore grossière, tantôt en relief, tantôt en creux, qu’il retouche et finît ensuite parles procédés ordinaires.
          La Société remercie M. Amand Durand de sa présentation.

Application de la photographie
A la reproduction des dessins et des gravures réduits ou agrandis en taille-douce ou en typographie par M. Amand Durand

          Il ne se passe pas de jour sans qu'il surgisse une nouvelle application de la photographie, qui souvent constitue pour son inventeur une industrie de grande extension, et en même temps profitable pour le public.
          En demandant ces jours-ci conseil à H. Lemercier pour la reproduction la moins coûteuse de mes dessins de grandes dimensions transformés en négatifs réduits par la photographie, il m'indiqua aussitôt M. Amand Durand, boulevard Saint-Germain, 74, comme possesseur d'un procédé transformant les négatifs sur verre en planches gravées susceptibles d'être tirées en taille-douce avec une pureté de trait tout à fait satisfaisante ; et comme preuve il me montra une gravure réduite par ce procédé, et, sur l'expression de mon incrédulité au sujet de la reproduction fidèle des délicatesses de l'écriture anglaise, il m'indiqua sur la gravure un nombre illisible à la vue simple, que je reconnus à la loupe composé de chiffres très purs. Dès lors le problème me parut complètement résolu, et je me rendis immédiatement chez l'inventeur, tout joyeux de voir en cela le moyen de reproduire avec fidélité tous les dessins avec écriture anglaise explicative, qui me seront utiles pour la publication illustrée ainsi de ma théorie moléculaire.
          M. Amand Durand me prouva facilement la réalité de sa découverte en me montrant les épreuves de gravures réduites qui possédaient le même effet que les originaux ; et il en découlait nécessairement la faculté de reproduire avec une fidélité parfaite tous les dessins linéaires , et pour lui c'est une industrie montée, qui dès à présent le met à même d'exécuter toutes les commandes.
          Selon toute probabilité, après avoir obtenu un excellent négatif, il en tire un positif sur verre qui, étant exposé à la lumière en contact avec une planche de cuivre ou d'acier enduite de bitume ou de gélatine bichromatée, laisse les traits du dessin à découvert après un lavage succédant à l'impressionnement, et alors il fait mordre par les acides ou par les sels de fer. A ce moment, il se présente une grande difficulté, qui consiste dans la tendance du mordant à élargir les traits, tout en les creusant; sauf la méthode à suivre pour obtenir ainsi un trait fidèle et profond ; le principe du procédé est connu depuis bien des années.
          Quoi qu'il en soit, M. Amand Durand peut fournir une planche, sur cuivre ou acier propre au tirage en taille-douce, de tout dessin ou gravure qu'on lui remet, de grandeur naturelle, réduits ou agrandis à l'échelle précise indiquée; pour un prix très abordable; il peut même fournir une planche susceptible d'un tirage typographique, lorsque les blancs sont en petit nombre et peu étendus. On en verra des spécimens très variés à la prochaine exposition universelle ; et, pour ma part, je me propose d'en faire grand usage pour publier mon grand travail sur la morphogénie moléculaire et la cristallogénie, si je ne puis trouver un éditeur, en composant ma publication uniquement de planches gravées réduites, que je dessinerai avec accompagnement d'un texte en écriture ordinaire, formant successivement autant de livraisons qu'il me plaira, et que je tirerai suivant le besoin, tant en noir qu'en couleur, à volonté.
          M. Amand Durand m'a montré des cartes géographiques réduites qui out conservé à l'écriture, et à plus forte raison aux lignes, toute la pureté primitive.
          Chaque planche en cuivre peut suffire à un tirage de 6.000 ; mais, en l'aciérant de temps en temps, pour un prix minime, le tirage pourra atteindre 50.000.
          Il ne s'agit plus d'essais plus ou moins heureux dans ce sens; le procédé est devenu industriel, et susceptible de rendre de grands services aux publications artistiques, industrielles ou scientifiques.
P. S. - Je m'aperçois, d'après une communication que M. Amand Durand a faite de son procédé à la Société française de photographie, qu'il finit les gravures préalablement gravées par les acides ; je n'en suis pas étonné, car la pureté des écritures m'avait frappé, et aussi le prix assez élevé des façons ; mais je suis contrarié que le travail si fin que j'ai vu ne puisse encore s'obtenir sans aucune retouche au burin.
La Lumière : beaux-arts, héliographie, sciences - A. Gaudin - 15 février 1867

Bulletin de la Société française de photographie – 1868

          M. Amand Durand fait hommage à la Société d’une collection de gravures héliographiques tirées, les unes en typographie, les autres en taille-douce, et destinées aux lots de la souscription ouverte par la Société. M. Amand Durand joint à cet envoi une lettre dont nous extrayons ce qui suit :
          "Dans les échantillons que j’ai envoyés, j’ai cherché surtout à rendre le caractère artistique des originaux, qui, tous, diffèrent par la méthode de gravure. J’ai fait subir à ces originaux, soit des réductions, soit des agrandissements ; cela est sensible à l’œil, et chacun pourra le reconnaître. J’ai pensé qu’il serait agréable à la Société d’examiner les planches qui fournissent ces gravures, je lui en soumets trois : le Jugement de Salomon, réduction à moitié ; le Christ au suaire, grandeur naturelle ; et le Jeune joueur d'instrument, agrandissement au double. Ces trois typographies sont exécutées, bien entendu, d’après des originaux en taille-douce".
          La Société remercie M. Amand Durand du don de ces épreuves.

Bulletin de la Société française de photographie – 1877

          M. Amand-Durand présente la reproduction complète de l'œuvre d'Albert Dürer obtenue par ses procédés d'héliogravure.
M. Hulot fait remarquer que certaines de ces épreuves semblent produites avec une planche sortant des mains du graveur : ce sont de vrais chefs-d'œuvre ; si le papier était le même que celui des originaux, bien des amateurs y seraient trompés.
          Il croit que ce qui fait que certaines épreuves sont si parfaites, c’est que les originaux n’avaient jamais subi de mouillage.
          La Société remercie M. Amand-Durand de cette présentation.

Les procédés de Amand Durand, Dulos.

          En 1867 un certain Amand Durand présenta à la Société Française de Photographie "divers spécimens d’héliographie sur acier et sur cuivre pour tirage typographique et en taille douce». L’auteur de ces gravures qui dit employer le procédé primitif de Nicéphore Niépce, déclare préférer «ce procédé aux procédés basés sur l’emploi des mélanges bichromatés, parce que les épreuves obtenues dans ces conditions ne peuvent pas, comme les épreuves au bitume de Judée, résister à la morsure profonde des acides". Les épreuves de Amand Durand sont toutefois retouchées par les procédés ordinaires de la gravure. (…)
Maison Nicéphore Niépce - http://www.niepce.com

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