François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter
(1770–1841)

Portrait de Georges Jacob

Né à Paris, le 6 février 1770 ; mort à Paris, le 15 août 1841.
Fils du menuisier-ébéniste Georges Jacob et de Jeanne-Germaine Loyer. Epoux d'Adélaïde-Anne Lignereux (2 floréal an VI) dont il eut trois enfants, parmi lesquels le menuisier-ébéniste Georges-Alphonse Jacob-Desmalter.
Il habita les rues Meslay et Cadet, puis des Vinaigriers.
A ajouté le patronyme Desmalter à son nom (en souvenir d'une terre de ses aïeux "Les Malterres" à Cheny).
En 1803, à la mort de son frère Georges II Jacob, il créé une nouvelle entreprise qui s'appellera Jacob Desmalter & Cie.

Sépulture de François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter au cimetière du Père Lachaise

          Vers 1795, Georges Jacob céda sa maison de commerce à Georges II Jacob et à François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter, ses deux fils. Les deux associés prirent alors la raison sociale : Jacob frères. Dans cette association, les détails et la manutention incombèrent à Jacob-Desmalter, dessinateur remarquable et l'un des ébénistes les plus adroits de son temps.
          Le 8 germinal an XI, lors de la visite que Chaptal, ministre de l'Intérieur, fit à l'établissement des frères Jacob, ces derniers étaient parvenus à réunir tous les travaux nécessaires à la confection des meubles élégants et des décorations d'intérieurs : un atelier de menuiserie en bâtiments, deux de menuiserie en meubles, un de sculpture en figures, un de sculpture en ornements, un de tournage, un de peinture et dorure, un d'ébénisterie, un d'incrustation, un de polissage, un de fonte-moulure, un de moulure, un de dorure sur métaux, un de tapisserie et un de serrurerie-mécanique. Les projets de dessins de meubles étaient demandés aux architectes Percier et Fontaine, exécutés par Jacob-Desmalter, puis mis en œuvre par un grand nombre d'artisans et d'artistes, entre autres les ciseleurs en bronze Thomire, Ravriot, Damerai, Delafontaine, Cahier, Chéret, etc.
          Les Jacob employaient souvent les bois français : érable, pommier, acacia, hêtre, chêne, noyer, tilleul, poirier, racine d'orme, buis, etc., et, parmi les bois étrangers, l'acajou, l’ébène, l'amarante, le noyer de la Guadeloupe, le citronnier, l'if des Indes, le satiné rouge, etc. Ils utilisaient également les plaques et médaillons de porcelaine, de faïence et de biscuit. Les porcelaines étaient exécutées dans les ateliers d'Olivier, à Paris, les faïences sortaient des manufactures de Weedgwood, d'après les dessins du peintre anglais Henry Howard.
          L'atelier Jacob eut trois manières. Il fut d'abord fantaisiste. Il mit partout des emblèmes révolutionnaires, et sut d'ailleurs en tirer parti. Il fit des meubles révolutionnaires d'abord composés de faisceaux de licteurs et couronnés de bonnets phrygiens, puis des meubles patriotiques, puis des meubles étrusques, enfin des meubles impériaux. L'an IX, Jacob-Desmalter exposa une grande console à grillons dorés, une console ornée d'incrustations, une table ronde richement incrustée, une table à thé à pieds en bronze doré, deux secrétaires, deux commodes ornées de bronze et de camée, un chiffonnier à colonnes et frises sculptées et dorées, un petit lit, une console à têtes de Mercure, une table mécanique, un fauteuil à chimères en bronze doré au mat, deux paires de candélabres en bois sculpté et doré, plusieurs modèles de trépieds et nécessaires, et un lustre ajusté sur une glace. L'artiste se trouvait en concurrence avec Liguereux. son beau-frère, qui exposait des meubles dans la même section. Les deux furent proposés pour la médaille d'or dont le sort décida l'attribution à Jacob-Desmalter. Quand ce dernier reparut à l'exposition de l'an X, son succès fut si grand que la médaille d'or lui aurait été attribuée s'il ne l'avait déjà obtenue.
          En 1803. après la mort de Georges II Jacob, la raison sociale Jacob frères fut remplacée par celle de Jacob-Desmalter. De cette époque date l'épanouissement de la seconde manière de l'atelier. Bonaparte, général, avait déjà commandé aux Jacob le mobilier patriotique de son hôtel de la rue de la Victoire. Il resta fidèle à ces artistes quand il obtint le Consulat, puis l'Empire. L'un de leurs premiers ouvrages importants fut le mobilier de la Malmaison. Jacob-Desmalter exécuta ensuite le mobilier du Sacre, puis il fournit les mobiliers des châteaux de Compiègne, Saint-Cloud, Fontainebleau, etc., des résidences impériales d'Anvers, Mayence, Aranjuez, Rome, Florence, Venise, etc., le berceau du roi de Rome et le serre-bijoux de l'impératrice Marie-Louise, les décorations d'un grand nombre de palais royaux et impériaux à Windsor, Saint-Pétersbourg, Postdam, Rio-de-Janeiro, etc., et de quantités de châteaux dans tous les pays d'Europe. Les prix de ses fauteuils variaient de 36 à 4.000 francs, de ses bergères de 54 à 6.000 francs, de ses canapés de 100 à 12.000 francs, etc.
          Il exécuta un nombre incalculable de meubles de toutes formes : tables à transformation formant secrétaire, montant et descendant à volonté avec flambeaux, garde-vue, tiroirs, écrans et casiers ; lits de fantaisie, tel celui du baron Vivant-Denon, tables de nuit ornées de bronzes ciselés et dorés au mat, représentant des guirlandes, des étoiles, symbole de la nuit, des pavots, symbole du sommeil, un chien, symbole de la vigilance ; bibliothèques dont la plus importante fut celle de Charles IV, roi d'Espagne ; armoires à bijoux, entre autres la célèbre armoire de l'impératrice Marie-Louise, payée 55.000 francs et celle de l'impératrice Joséphine. Il exécuta encore des meubles dans le style des Boulle. Tous ces ouvrages, à l'exception du berceau du roi de Rome, dessiné par Prudhon, et du mobilier exécuté d'après les dessins de Vivant-Denon, furent la réalisation de projets des architectes Percier et Fontaine, dans le style Empire, aux formes sèches mais nobles, aux bronzes magnifiquement traités s'enlevant sur les veines brillantes de l'acajou plaqué.
          Aux travaux d'ébénisterie, l'atelier Jacob adjoignit les travaux les plus divers. Citons le banc d’œuvre en chêne surmonté d'un entablement, supporté par huit colonnes doriques, exécuté pour l'église Saint-Nicolas-des-Champs ; le projet du palais du roi de Rome, exécuté en 1811, d'après les dessins de Percier et Fontaine, pour être édifié sur la montagne de Chaillot, etc.
          Avec la Restauration, l'atelier Jacob dut se donner une troisième manière. L'économie remplaçait le faste, les lignes devinrent pauvres, le bois mince, les bronzes rares et grêles, l'ébénisterie proprement dite resta seule excellente.
          Le 1er janvier 1825, Jacob-Desmalter céda sa maison de commerce à Georges-Alphonse Jacob-Desmalter, son fils.
André Girodie, Henri Vial et Adrien Marcel
Les Artistes décorateurs du bois - 1912

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