La tombe de Georges Jacob au cimetière de l'église Sainte-Marguerite

Ancien cimetière Sainte-Marguerite
L'une des dernières tombes L'église Sainte-Marguerite est située dans le 11 ème arrondissement de Paris - 36 rue Saint-Bernard. C'est en 1637 qu'on ouvrit un cimetière derrière l'église. En 1763, le cimetière contenait 34 fosses communes et recevait un bon millier de corps par an. Il était bordé d’un charnier. Il continua de servir pendant la Révolution (on y inhumait les guillotinés de la place de la Bastille, puis les guillotinés de la place de la Nation, avant le transfert des corps au cimetière de Picpus). On raconte que le petit Louis XVII, décédé à la prison du Temple, y aurait été enterré discrètement, mais des fouilles mirent à jour le squelette d'un adolescent de 15 à 18 ans, alors que Louis XVII avait 10 ans à sa mort. On a fermé le cimetière en 1804. Cimetière Sainte-Marguerite
Tombe de Georges Jacob Fils de nos jours
On a longtemps pensé que Georges Jacob PERE était enterré dans ce cimetière, mais il est est décédé en 1814, et le cimetière a été fermé en 1804...
année du décès de Georges Jacob FILS

L'église et le cimetière Sainte-Marguerite
Ancien cimetière Sainte-Marguerite
L'une des dernières tombes Ancien cimetière de l'église Sainte-Marguerite - 1906 L'Eglise Sainte-Marguerite - 1906 Cimetière Sainte-Marguerite
Tombe de Georges Jacob Fils de nos jours
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Rapport présenté par M. Victor Perrot, au nom de la 1ere sous commission,
sur l’identification de la tombe de l'ébéniste Georges Jacob au cimetière Sainte-Marguerite.
(extrait)
M. Victor Perrot donne connaissance du rapport suivant :
Dans la partie conservée de l’ancien cimetière paroissial de l'église Sainte-Marguerite, quelques tombes existent encore devant le mur où se dressaient jadis les charniers. Elles ont été décrites par Lucien Lambeau dans l'histoire de ce cimetière parue en annexe du procès-verbal de la séance de la Commission du Vieux Paris du 11 février 1901.
L'une d'elles, disait Lucien Lambeau, est fort intéressante en ce sens qu’elle est décorée d'un buste en bronze, le portrait du décédé, dont l'exécution ne manque pas de mérite.
A la suite, sans doute, des intempéries, le nom de famille formé de lettres en bronze appliquées sur la dalle de pierre a disparu, ne laissant de visible que le prénom de Georges.
Cette tombe, comme la précédente, est scellée à la muraille ; son soubassement est décoré d’une ancre de marine qui symbolise l'espérance à moins qu'elle ne soit un emblème de la profession du décédé. La table de pierre est ornée de deux flambeaux renversés et d'une guirlande de cyprès, son inscription est la suivante :

GEORGES ...
ICI REPOSE
LE TRÈS RESPECTUEUX FILS,
LE TENDRE FRÈRE,
LE CONSTANT AMI,
L'HOMME BIENFAISANT.
IL NE RESTE
DE TANT DE VERTUS
QUE LE SOUVENIR
QU ' ELLES ONT LAISSÉ
DANS LE CŒUR
DE CEUX
QUI LUI ONT ÉLEVÉ
CE MONUMENT.
IL MOURUT
AU MILIEU DE SA CARRIÈRE
LE XXX VENDEMIAIRE AN XII
AGE DE XXIV ANS
PLEIN DES SENTIMENTS
CONSOLATEURS DE SA RELIGION.

L'église et son cimetière sont des lieux qui me sont familiers ; de temps à autre de pieux souvenirs m'y ramènent. Durant le XVIIIe siècle, trois générations des miens y ont été inhumées après avoir été baptisées et mariées à l'église ; et, lors de mes visites, j'ai toujours été attiré par cette tombe d'un aspect reposant et simple, éclairée, pourrait-on dire, par ce visage de bronze, véritable œuvre d'art qui n’avait pas échappé à l’attention de Lucien Lambeau, puisqu’il en a donné une reproduction dans le Bulletin de la Commission du Vieux Paris de 1901.
Dernièrement, en consultant à nouveau ce bulletin, je me suis aperçu qu’en note un vieil habitant du quartier, M. Bret, avait fait savoir à la Commission que le nom disparu était Jacob ; les lettres en bronze tombées de la pierre ayant été longtemps la possession du gardien du cimetière.
L’idée m’est alors venue que cette tombe d’un Jacob, dans un cimetière d'un quartier consacré à l'industrie du meuble, pouvait être celle d'un membre de la grande famille d'ébénistes de ce nom.
J'ai été assez heureux pour retrouver son acte de décès. En voici l'extrait :
"Paris, VIe arrondissement, 30 vendémiaire, an XII (23 octobre 1803), décès de Jacob, Georges, ébéniste; né à Paris (Seine), demeurant rue Melée (sic), n° 77, division des Gravilliers ; fils de Georges et de Jeanne-Madeleine Loyer, demeurant à Paris, comme dessus. Témoins: Petit. Eloi-Marie,employé, demeurant à Paris, 87, rue Neuve-Saint- Martin (rue Notre-Dame de Nazareth), ami, et. Bigot, Raymond, peintre en bâtiments, demeurant à Paris, 77, rue Meslée (sic), voisin".
Il s'agissait bien d'un Jacob ébéniste. (...)
Bulletin municipal officiel de la ville de Paris – 16 juin 1939

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