Faits divers d'hier et autres nouvelles de Cheny 1846-1899

NOTE : Certains noms ont volontairement été masqués
Source : Bibliothèque nationale de France

Le Journal de l’Yonne annonce que vingt-trois maisons et un grand nombre de bâtiments situés à Vigny ont-été la proie des flammes. La perte est évaluée à plus de 100.000 francs. Un individu a été arrêté et mis en prison.
Lundi au soir, le bruit s’est répandu à Auxerre que le village de Cheny était en feu. Ce bruit, dit ce journal, n’était que trop fondé. Les pertes sont considérables.
Le bataillon d’ouvriers d’administration en garnison à Auxerre, officiers et soldats, a fait l’abandon d’une journée de solde en faveur des incendiés de l’Yonne, 216 francs.

Le Cocher – 16 août 1846

On écrit de Vermenton, à la Constitution, journal d'Auxerre, en date du 4 juin : "Vive la République ! La liberté ou la mort !" tels sont les mots qui se lisaient, mardi dernier, en gros caractères, sur un morceau de drap rouge, accroché par des insoumis aux barreaux d'une fenêtre à la prison de Vermenton. Loin de devenir sérieuse, cette espèce de réclame à l'adresse de la sociale n'a été accueillie que par l'indifférence la plus complète.
Informé de ce qui se passait, le brigadier de gendarmerie s'est transporté à la prison, a opéré l'enlèvement du drapeau et à dressé procès-verbal.
Un autre fait du même genre se passait dernièrement à Saint-Cydroine. Un ex-fonctionnaire public mécontent organisa une réunion d'ouvriers, qui partit de La Roche, tambour battant et drapeau rouge déployé. Prise à l'improviste, l'administration du lieu ne put sans doute réprimer aussitôt cette démonstration, et la bande se dirigea sur Cheny. Cependant la gendarmerie ne tarda pas à arriver et dressa procès-verbal.

Journal des débats politiques et littéraires – 6 juin 1850

Par une délibération en date du 6 février dernier, le Conseil municipal de la commune de Cheny a demandé l’établissement d’un marché, qui se tiendrait le vendredi de chaque semaine, pour la vente des comestibles de toute espèce.
21 communes ont été appelées à se prononcer sur l’objet de cette délibération.
12 ont donné un avis favorable.
5 se sont prononcées contre la demande. Ces communes fondent leur refus sur ce que la population de Cheny n’est pas assez considérable pour motiver la création d’un marché ; sur ce qu’il lui est facile de s’approvisionner aux marchés de Bassou, Brienon, Joigny, Seignelay, etc., tous à proximité, et sur ce que ce marché, qui serait de peu d’utilité pour la commune, nuirait à ceux déjà existants.
4 conseils n’ont pas répondu.
Le Conseil d’arrondissement de Joigny, considérant que la commune de Cheny, essentiellement agricole, ne renferme que des producteurs et point de consommateurs ; que sa population n’est pas, du reste, assez considérable pour motiver la création d’un marché, et que les marchés de Bassou, Joigny, Brienon, etc. suffisent pour pourvoir à ses besoins ;
Considérant que, d’après l’aveu du Conseil municipal lui-même, les foires qui existaient à Cheny sont tombées en désuétude, et qu’un marché éprouverait le même sort, suivant toute probabilité ;
Est d’avis qu’il y a lieu de repousser la demande.
Conformément aux dispositions de la loi du 10 mai 1838, je vous prie, Messieurs, d’exprimer également un avis motivé à ce sujet. J’ai l'honneur de vous remettre le dossier de l’affaire.
Le Conseil Général,
Sur la proposition de sa 6e Commission,
Vu la délibération du Conseil municipal de la commune de Cheny ;
Vu le rapport de M. le Préfet ;
Considérant que la commune de Cheny, dont la population atteint déjà près de 900 habitants, qui possédait autrefois plusieurs foires, prend assez d’accroissement et se trouve assez éloignée des marchés voisins pour que les habitants trouvent une utilité réelle dans la création d’un marché pour la vente des comestibles, qui se tiendrait le vendredi de chaque semaine ;
Est d’avis qu’il y a lieu d’admettre la demande de la commune de Cheny.
SÉANCE DU 25 AOUT
La séance est ouverte à, 3 heures après midi.
(...)
Le Conseil donne un avis favorable à l’établissement d’un marché hebdomadaire dans la commune de Cheny.

Procès-verbal des délibérations du conseil général de l'Yonne - 1857

On écrit de La Roche, station du chemin de fer de Lyon, à la date du 2 mai : "Les habitants de la commune de Cheny, voisine de la station de La Roche (chemin de Fer de Lyon), se sont cotisés pour offrir du vin aux troupes qui s’arrêtent à la gare de La Roche se rendant en Piémont".

Journal des débats politiques et littéraires – 6 mai 1859

Nos soldats qui partent pour l'Italie sont chaudement fêtés à leur passage à travers le département de l'Yonne. Le journal l'Yonne nous apprend que les habitants du petit village de Cheny ont envoyé à la station de Laroche trois feuillettes de vin, qui ont été distribuées aux grenadiers de la garde impériale et voltigeurs faisant arrêt à la station. Les habitants de Laroche ont envoyé à leur tour quatre feuillettes de vin, qui ont dû être distribuées dans la journée. On nous assure qu’il en est de même à tous les points d’arrêt assignés dans notre département aux innombrables convois de troupes qui le traversent de jour et de nuit.
l.e même journal ajoute : plusieurs feuillettes de vin ont été envoyées à Laroche par des personnes notables d’Auxerre pour être distribuées aux troupes de passage.
Aux villages de Cheny et de Laroche que nous avons mentionnés pour leurs distributions patriotiques de vin aux troupes de passage, nous devons joindre les communes de Bassou, d'Epineau et d'Ormoy.

L’industrie du Nord et du Pas-de-Calais - 22 mai 1859

Nos lecteurs nous sauront gré de reproduire ici une petite notice biographique concernant M. Besse, l'honorable instituteur de Villiers-sur-Tholon, qui a été jugé digne du premier prix :
M. Besse est âgé de 50 ans ; il a commencé ses fonctions d'instituteur en 1837, à l'âge de 19 ans, et a 28 ans d'exercice, déduction faite de 3 années d'interruption. Les communes dans lesquelles il a exercé sont Cheny, 7 ans ; Ligny-le-Châtel, 18 ans Villiers-sur-Tholon, 3 ans, au total 28 ans.
M. Besse s'est marié en 1841 ; de son mariage sont nés 15 enfants, dont 11 vivants : 7 garçons et 4 filles. L’aîné est âgé de 25 ans, et le plus jeune de 18 mois.
De ce nombre, 3 garçons sont employés de commerce à Paris, l’aînée des filles est institutrice à Sépeaux, et la cadette est dans le commerce ; il reste donc encore à sa charge 6 enfants ; de ces derniers, un garçon et une fille se destinent à l'instruction et sont préparés, le garçon par le père et la fille par sa sœur aînée, l'institutrice.
Toute cette nombreuse famille vit dans la plus parfaite union, et les aîné qui gagnent, sacrifient leurs économies en faveur des plus jeunes, les aident de leurs conseils et de leur bourse toutes les fois que c'est nécessaire. C'est ainsi que, sans fortune, et par les seules ressources du produit de sa place, M. Besse a pu faire face à toutes les exigences d'une si nombreuse famille.
M. Besse remplit ses fonctions à la satisfaction générale, et obtenus sont une preuve de son zèle et de son aptitude. Il en a été. ainsi dans les deux autres communes où il a exercé.

Bulletin de la société d'agriculture de Joigny – Juillet, août et septembre 1869

103,836. Brevet de quinze ans, 29 juin 1874 ; Delagneau à Cheny (Yonne) - Pioche servant à la culture de la vigne, des betteraves, etc.
Journal Officiel de la République Française

A Laroche - Nous lisons dans Le Nouvelliste d'Yonne - Un assassinat vient de jeter l'émoi dans la paisible commune de Cheny, voisine de la station de Laroche.
Lundi soir, les voisins d'une honnête octogénaire, la veuve Dutheil, surpris de ne l'avoir point vue de toute la journée, pénétrèrent dans son domicile et trouvèrent l'infortunée gisante sans vie sur le sol de sa chambre. Le crâne était brisé, et le meurtrier avait achevé la malheureuse victime en lui serrant une corde autour du cou.
Prévenue en toute hâte, la gendarmerie de Seignelay vint avertir du crime le procureur de la République, M. Charpentier, lequel, assisté de M. Chariot, jugé d'instruction et de M. Loche, greffier, partit d'Auxerre par le train de cinq heures du matin. L'instruction ouverte à Cheny par ce magistrat s'est prolongée pendant toute la journée d'hier et se continue aujourd'hui. Plusieurs visites domiciliaires ont été opérées et n'ont point encore donné de résultat. Mais l'auteur de ce crime, dont le vol a été le mobile, ne peut échapper longtemps aux actives recherches dont il est l'objet.

Le XIX e Siècle – 1 décembre 1874

Seignelay - La gendarmerie de Seignelay vient d'opérer une capture importante, celle d'un sieur X. que certains indices désignaient comme auteur de l'horrible assassinat commis le 20 novembre dernier dans la paisible commune de Cheny. Cet individu nia d'abord, suivant l'usage, mais les soupçons qui posaient sur lui étaient d'une telle gravité qu'il entra bientôt dans la voie des aveux et désigna comme son complice N., autre habitant de Cheny, qui travaillait à Meaux depuis quelque temps.
Celui-ci avoua également, tout en rejetant sur son dénonciateur la plus large part à la participation de l'assassinat de la veuve Dutheil. Tous deux viennent d'être transférés à la maison d'arrêt d'Auxerre, ainsi que la femme N., mère de l'un d'eux, accusée de complicité par recel.

Le XIXe siècle – 21 mars 1875

L’Yonne raconte que deux bonnes vieilles de la commune de Cheny, les dames Rougemont, mortes à six semaines d'intervalle l'une de l'autre, de leur vivant mal logées, mal couchées, mal vêtues et encore plus mal nourries, viennent de laisser à leurs héritiers la bagatelle de 368.000 francs.
La moitié au moins de cette fortune était en numéraire, contenu dans plusieurs armoires, ayant reçu chacune un nom particulier.
L'une d'elles, baptisée Croquette par nos deux avares, contenait 71.000 francs en or. Et comme ces armoires regorgeaient surtout de pièces de 5 francs, des cachettes avaient été aménagées en divers endroits. Déjà on avait opéré à cet égard de curieuses trouvailles, lorsque le notaire chargé de l'inventaire, M. Sautumier, du Mont-Saint-Sulpice, imagina de déplacer une plaque de cheminée, derrière laquelle s'étalaient cinquante six piles d'écus représentant une somme totale de 5.600 francs.
Bien entendu que le genre de vie de nos deux avares était comme une pénitence continuelle. Leur alimentation se composait pour ainsi dire uniquement de pain détrempé dans du lait. La viande était un luxe qu'elles se permettaient les jours de fête seulement, et par quantités infinitésimales. Ainsi, le boucher qui les servait affirme ne leur en avoir jamais vendu plus d'un quart de livre à la fois - 125 grammes - et à de très rares intervalles. Elles s'interdisaient même les légumes afin d'économiser la cuisson. Pour boisson, de l'eau, plus 10 centimes de lait chaque jour ; du vin, jamais. Elles se privaient ainsi de toutes les commodités de la vie pour satisfaire leur avarice, et accroître d'autant le revenu d'une centaine d'arpents de terre qu'elles avaient affermés, et valant bien 2.000 francs chacun.
Et cependant, malgré leur régime d'anachorète , les dames Rougemont jouissaient d'une excellente santé ; elles ont vécu, sans être malades, jusqu'à un âge avancé. L'une avait quatre vingt quatre ans, l'autre est morte nonagénaire. Une singularité de la vie de ces femmes économes : elles avaient proscrit rigoureusement de leur alimentation l'usage du sel.

Le Rappel - 7 mai 1875 (18 floréal an 83)

Auxerre, 26 août - Hier, mercredi, à sept, heures du soir, la Cour d’assises de l’Yonne a condamné aux travaux forcés à perpétuité les nommés P ... (Auguste) et N ... (Charles) dit Adolphe, tous les deux âgés de vingt ans, nés à Cheny (Yonne), reconnus coupables d’avoir assassiné la veuve Dutheil. La femme N ..., née D ... (Marie-Alexandrine), mère de l’un des deux assassins et instigatrice du crime, a été condamnée à huit ans de réclusion et à cinq ans de surveillance.
C’est dans la soirée du 19 octobre 1874, au sortir du spectacle où N ... avait assisté (quelque spectacle forain sans doute, car Cheny ne possède pas tout à fait huit cents habitants) que le crime a été commis. La femme Dutheil, la victime, marchande d’œufs et de volailles, était âgée de quatre-vingt deux ans. Les assassins pénétrèrent dans sa chambre par escalade. Elle se leva au bruit ; N ... se jeta sur la malheureuse, la terrassa, s’étendit tout de son log sur elle, une main sur sa bouche, l'autre étreignant la gorge, et le coude enfoncé dans la région du cœur.
Après avoir étouffé et étranglé la pauvre octogénaire, les assassins s'emparèrent de 200 francs.
P ... (Auguste) est boiteux, rachitique, scrofuleux, mais d’une énergie rare et d’un cynisme dégoûtant. Il a pour surnoms Béquillard et Nini. Ce dernier, tout tendre, lui a été donné par N ....
La commune de Cheny tremblait devant ces deux individus, gens de sac et de corde, débauchés abjects. Elle va maintenant respirer à l’aise.

Le Figaro – 28 août 1875

Une médaille d'argent à M. Jean-Baptiste Delagneau, de Cheny, pour une binette pouvant rendre de grands services à la culture de la vigne.

Bulletin de la société centrale de l'Yonne pour l'encouragement de l'agriculture - 1876

Labourage de la vigne à la charrue - Prix spécial, une médaille d'argent : M. Jean-Baptiste Delagneau, à Cheny, pour une binette pouvant rendre de grands services à la culture de la vigne

Bulletin trimestriel de la Société d'agriculture de Joigny - Janvier, Février, Mars, Avril, Mai et Juin 1876

Un orage a éclaté, le 23 courant, dit La Bourgogne, vers cinq heures et demie du soir, au-dessus de la commune d'Appoigny ; il a traversé ensuite le canton de Seignelay, et une partie du canton de Ligny-le-Châtel.
Les pertes occasionnées par la grêle ont paru d'abord désastreuses, mais la moyenne peut être réduite au tiers des récoltes.
La zone atteinte figure un cercle dont Seignelay serait le centre ; la limite de ce cercle serait formée par les territoires d'Appoigny, Gurgy, Sougères, Rouvray, Venouze, Pontigny, Mont-Saint-Sulpice, Ormoy, Cheny et Chemilly.

Le Temps - 28 juillet 1876

Participation à l'insurrection de la Commune : condamnation - Un sieur Alexis M ..., âgé de trente-trois ans, vigneron à Cheny (Yonne), comparaissait lundi dernier devant le conseil de guerre, présidé par M. le colonel Dufourc-d'Antiste , pour purger une condamnation à la déportation dans une enceinte fortifiée, prononcée, par contumace, contre lui, par le 4e conseil de guerre le 23 janvier 1873.
Ancien engagé volontaire pour la durée de la guerre, ancien sergent au 56e de ligne, M ..., rentré à Paris en mars 1871, avait été nommé lieutenant d'abord, puis capitaine à la 4e compagnie du 27e bataillon fédéré.
Il figure sur un procès verbal d'élections du 28 avril, sur un état d’officiers du 27e bataillon demandant leur armement, et sur un autre état d’officiers du 27e pour effets d’équipement.
Un sieur Berthon ayant tenu hôtel garni rue de la Réunion, 64, pendant la Commune, a déclaré dans l'enquête avoir appris que M ... avait pris part aux derniers combats dans les rues de Paris, notamment a la barricade de la rue Vitruve ou de la rue de Bagnolet.
M ... reconnaît avoir été capitaine, mais nie avoir pris une part active à la lutte.
Le président a posé au conseil, comme résultant des débats, la question subsidiaire d'immixtion sans titre dans des fonctions publiques, civiles et militaires, délit prévu par l'article 258 du Code pénal.
Le conseil a condamné M ... à deux ans d'emprisonnement.

Le Temps – 1 octobre 1876

Par décision du ministre des postes et des télégraphes, en date du 11 novembre 1880, a été atorisée la création d'établissements de poste dans les communes de Ytres (Somme), Cheny (Yonne), Guerchy (Yonne).

Le Temps – 14 novembre 1880

Le curé de Cheny (Yonne) vient de s’aviser de processionner quand même, en contravention d’un arrêté municipal interdisant les processions. A raison de cet exploit, il a été cité, il y a quelques jours devant le tribunal de simple police de Seignelay et condamné à un franc d'amende.
C'est pour rien. A ce prix-là, le curé pourra récidiver.

L'Anti-Clérical – 15 avril 1882

Les vœux du conseil municipal de Cheny - On lit dans la Constitution que le conseil municipal de Cheny, dans sa séance du 20 courant, a émis les vœux suivants :
1° Qu'il ne soit fait aucun changement à la législation actuelle concernant les bouilleurs de cru ;
2° Que le budget des cultes soit supprimé, et que les immeubles détenus par le clergé soient restitués à la commune si elle y a droit ;
3° Que les prestations en nature soient abolies et remplacées par un impôt en argent dont le mode sera fixé par la Chambre des députés.
Cinq conseillers sur onze ont refusé de voter aucune recette ou dépense en nature pour le budget de la vicinalité.
Une copie de ces vœux a été envoyée à chacun des députés du département en sollicitant leur concours.

La Justice - 25 juin 1885

La liberté individuelle - Plusieurs journaux ont annoncé que M. Dauphin, le conférencier qui parcourt depuis un mois le département de l'Yonne pour porter le fer rouge sur la plaie cléricale, avait été arrêté à Cheny comme inculpé d'escroquerie d'une somme de 50 francs au préjudice de M. Meignen, avoué à Joigny.
M. Dauphin a bien été arrêté, mais son innocence ayant été reconnue, il vient d'être relaxé.
Il y a plus. Pareille escroquerie de la même somme a été commise, dans les mêmes circonstances, au préjudice de M. Dapallut, à Auxerre. Inculpé de ce deuxième méfait, M. Dauphin a été confronté avec M. Dupallut, et ce dernier a dèclaré que ce n'était point là l'individu qui s'était présenté chez lui.
Quant au filou, il court encore. C'est sur les officiers ministériels qu'il a jeté son dévolu. Il se présente à eux muni d'une lettre soi-disant émanant d'un avoué de Senlis, lettre à l'aide de laquelle il extorque à chacun 50 francs. L'arrestation de M. Dauphin dans les circonstances ou elle s'est produite, est un attentat odieux à la liberté individuelle. Voilà, en effet, un citoyen qui parcourt librement un département, faisant publiquement des conférences que chacun a le droit d'apprécier et de juger, suivant sa fantaisie, un homme, dans tous les cas, visible pour tous et même pour la gendarmerie, à chaque heure du jour, qui est arrêté sur un ordre donné, avec une légèreté inexplicable, par un fonctionnaire de la police.
Et quand se produit l'arrestation ?
En pleine assemblée publique, au moment où le conférencier Dauphin allait commencer son discours. C'est à la tribune même du conférencier que les gendarmes se présentent pour lui signifier un mandat d'arrêt comme voleur. On le garotte avec les menottes, puis on l'emmène en prison, en présence de toute l'assemblée.
Le lendemain, son innocence reconnue, on lui dit : "Vous êtes libre ; nous avons fait erreur ; allez-vous en".
Un pareil attentat est incroyable. Le but poursuivi par cette arrestation, si nous en croyons notre confrère l'Yonne, aurait été d'effrayer le conférencier anticlérical.
S'il se fût agi d'un prêtre surpris en conversation criminelle avec de petits enfants, peut-être eût-on employé plus de formes et moins de légèreté dans l'arrestation.

La Lanterne – 1 décembre 1885

Auxerre – A la suite d'une querelle avec son mari, la femme C ..., née R ..., âgée de soixante-dix ans, demeurant à Cheny, s'est précipitée sous la machine d'un train, près de Laroche. Elle a été tuée sur le coup.

Le Petit Parisien – 25 juilllet 1886

Rapport sur l’inspection des archives communales durant l’année 1887
Monsieur l’archiviste,
J’ai l’honneur de vous rendre compte de l’inspection des archives communales qui a été portée cette année sur les villes ou communes de Monéteau, Chemilly-près-Seignelay, Beaumont, Cheny, Ormoy, Mont-St-Sulpice, Chichy, Hauterive, Seignelay, Héry, Rouvray, Venouse, Pontignv, Ligny-le-Châtel, Varennes, Lignorelles, Villy, Maligny, La Chapelle-Vaupelteigne, Poinchy, Milly, Chablis et Beines.
(...) Cheny - La mairie de Cheny étant de construction récente, un beau cabinet attenant à la salle des délibérations et fermant à clef a été affecté aux archives. Deux superbes placards à portes pleines, avec serrures se font face et contiennent, l’un les papiers administratifs et titres communaux, l’autre les périodiques. Il n’y a point de cartons pour les affaires courantes. Les documents sont bien classés dans leurs séries respectives ; l’inventaire est au courant jusqu’à aujourd’hui ; mais on regrette de constater l’absence du sceau de la mairie sur un certain nombre de pièces. Les actes de l’état civil sont reliés jusqu’à ce jour. Ils remontent à 1615. Ceux des années 1657 et 1658 manquent, ainsi que quelques feuillets dans d’autres années. Les délibérations municipales ne commencent qu’en 1808. Le recueil administratif est relié jusqu'à présent. Sont également brochés: le Bulletin des Lois, le Bulletin officiel de l’Intérieur et le Journal des Maires.
Etat très satisfaisant du dépôt dû au dévouement et au zèle de l’instituteur qui est secrétaire de mairie.

Conseil Général de l'Yonne - 1887

Suicide dramatique - Le train venant de l'Isle et Chablis, n'était plus distant de la gare de Laroche (Yonne) que de 1.200 mètres lorsqu'une femme vint se jeter sur la voie en avant de la machine, à deux ou trois mètres seulement.
Le mécanicien, qui avait vu venir cette femme renversa immédiatement la vapeur et siffla au frein ; le conducteur et le serre-frein obéirent au signal. Mais le train qui filait à une vitesse de trente kilomètres à l'heure, ne put s’arrêter qu'après un parcours d'environ soixante mètres.
Et, bien entendu, la femme avait été atteinte dès le début de la manœuvre. Elle s était avancée "à quatre pattes" et avait posé sa tête sur le rail gauche de la voie.
Elle fut retrouvée inanimée sur le côté du chemin de fer. Elle avait été heurtée par le chasse-pierres et traînée sur un parcours de trois ou quatre mètres. Elle portait au cou et à la base du crâne une forte blessure, vraisemblablement faite par le chasse-pierres. Elle ne paraissait point avoir été atteinte par les roues de la machine.
Elle fut de suite reconnue à sa constitution, par un voyageur du train, M. R ... C'était sa sœur Alexandrine, femme C ... âgée de soixante-dix ans, demeurant à Cheny.

Le Rappel – 27 juillet 1896

Auxerre - Un drame qui a jeté dans l’Yonne une profonde consternation vient de trouver son dénouement lugubre à Migennes, aux environs de Laroche.
L'histoire est banale et terrible en même temps.
Un homme marié nommé L ..., qui habitait Clichy, était l'amant de Mme R ..., qui demeurait avec son mari rue de Tocqueville. Il y a quelques jours, Mme R ... et L ... quittaient Paris et fuyaient ensemble. En rentrant chez lui, M. R ..., surpris de n’y pas voir sa femme, se demandait où elle avait pu s'attarder, quand il reçut un télégramme lui annonçant qu’elle s’était donné volontairement la mort.
Au même moment, Mme L ..., la femme du complice de Mme R ..., était prévenu par un télégramme semblable du suicide de son mari.
Ces deux dépêches, d’un laconisme brutal, étaient datées de Laroche-sur-Yonne, où un drame terrible venait de se dérouler. Mardi dernier, vers quatre heures, le jeune Dutheil, cultivateur à Cheny, rentrait en voiture par le chemin de Grand-Rû, quand il vit, à quelques mètres du pont, un homme et une femme couchés l’un prés de l’autre sur l’herbe. Il s'approcha, et aperçut alors du sang qui s’échappait de deux trous aux tempes.
Un manteau de femme était étendu sur les genoux de la morte, et sur ce manteau se trouvait le chapeau de grosse paille or, à bord large sur le devant et orné d’un grand nœud de velours et d’un trophée de plumes jaune or. Sur le veston de l'homme, veston étendu ses pieds, un chapeau melon cendré recouvrait un carnet de poche et un porte-monnaie contenant 3 fr. 20. Sur une page du carnet étaient écrits ces mots :
"Ce 20 septembre 1892, nous nous donnons volontairement la mort et nous demandons à être enterrés ensemble dans le cimetière du pays où nous mourrons. Nous prions les personnes qui nous trouverons de bien vouloir envoyer à leurs adresses les télégrammes préparés d’autre-part.
Signé : L.G. - B.M."
Dans le carnet se trouvaient deux télégrammes, l’un adressé au mari de la femme, M. R ..., rue Tocqueville, à Paris, et l'autre au père du mort, M. L ... père à Clichy.
Ce sont les deux télégrammes, expédiés par le jeune Dutheil, que M. R ... et Mme L ... avaient reçus.
Le jeune Dutheil, effrayé de sa découverte, se rendit à la hâte à la ville, où il prévint les autorités. Celles-ci accoururent sur le théâtre du drame, assistée du docteur Bricart.
L ... n'avait pas complètement cessé de vivre, des soins empressés lui furent aussitôt prodigués, mais ce fut en vain, quelques instants plus tard, il rendait le dernier soupir. Les deux cadavres furent transporté à l'hôtel tenu par M. Gourdeau et placés sur le même lit. On allait procéder à leur mise dans la même bière, quand M. R ..., qui était arrivé, voulut que le corps de celui qui avait donné la mort à sa femme ne fût pas enterré avec celle-ci.
On s’inclina devant ses légitimes exigences. L ... a été enterré à Migennes, commune voisine du lieu où le drame s’est accompli, et le corps de Mme R ... a été ramené à Paris, par les soins de M. R ....

Paul Bartel - Le Gaulois – 29 septembre 1892

(T ... contre Société de secours mutuels de Cheny)
Du 10 juin 1891, jugement du tribunal civil d’Auxerre ainsi conçu :
Le Tribunal, — Attendu que, par délibération en date du 16 janvier 1889, le sieur T ..., déclaré en état de faillite et condamné à trois jours d'emprisonnement et 10 francs d’amende pour banqueroute simple, a été exclu de la Société de secours mutuels de Cheny ;
Attendu que, s'il est exact que les termes de l’article 9 des statuts de la société n’autorisent l’exclusion que de toute personne qui subira un jugement emportant peine infamante, il est constant, d’autre part, que les sociétaires ont eu en vue, non les peines prévues par l’art. 7 Code pénal, mais celles portant atteinte à l’honorabilité de la personne ;
Que la lecture des statuts révèle leur préoccupation constante de n’admettre parmi eux que des personnes exemptes de toute tache ;
qu’en effet ils ont pris soin de spécifier que tout candidat devrait être d’une conduite régulière et que tout membre qui rentrerait dans la société, après avoir accompli son service militaire, devrait faire constater qu'il n’a pas cessé d’être d’une probité intacte ;
Attendu que le tribunal est compétent pour connaître des faits qui motivent le présent litige ;
Attendu qu’il n’y a pas lieu à dommages-intérets ;
Par ces motifs,
Déclare T ... mal fondé en sa demande ;
L'en déboute ;
Et le condamne aux dépens ;
Rejette le surplus des conclusions des parties.
Appel par M. T ....
Arrêt
La Cour, — Adoptant les motifs des premiers juges ;
Et considérant que l’exclusion de l’appelant a été régulièrement prononcée ;
Qu’en présence des faits et des décisions de justice ayant acquis force de chose jugée, l’audition ou la comparution dudit appelant n’était pas nécessaire ;
Qu’au surplus les statuts de la Société de secours mutuels de Cheny n’emportent pas l’obligation d’entendre ceux contre lesquels une exclusion peut être prononcée ;
Met l’appellation à Néant ;
Ordonne que ce dont est appel sortira son plein et entier effet ;
Dit l’appel mal fondé en ses conclusions ;
L’en déboute ;
Et le condamne à l’amende et aux dépens d’appel.

Journal des faillites et des liquidations judiciaires françaises et étrangères : revue de jurisprudence - 1894

Auxerre 17 octobre - Une dame Goullé, de Paris, qui avait été mordue légèrement au bras, l'année dernière, par un chien, vient de mourir de la rage à Cheny, où elle se trouvait en villégiature.

La Lanterne - 19 octobre 1897

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