DU TEMPERAMENT, DES MŒURS,
DU REGIME DE VIE DES HABITANTS
.

Les habitants de Saint-Julien-du-Sault sont, en général, d’une stature au-dessus de la moyenne ; leurs formes sont peu prononcées, mais ils jouissent pour la plupart d’une grande force musculaire ; leur embonpoint est médiocre ; leur figure est souvent sans expression et peu colorée ; leurs cheveux varient du châtain au noir et sont rarement blonds ou roux ; leur peau est généralement blanche ; leur démarche est lente et peu dégagée. Ils jouissent, du reste, d’une assez bonne constitution, qu’ils doivent au tempérament sanguin et bilieux-sanguin qui prédomine chez le plus grand nombre. Les maladies auxquelles ils paraissent être le plus exposés sont celles de la poitrine et des voies digestives.
Les femmes sont plutôt grandes que petites, bien faites, fraîches, d’un embonpoint médiocre qui ne nuit en aucune manière à l’élégance de leur taille. Leur tempérament tient plutôt du lymphatique et du sanguin que du nerveux ; leur peau est blanche, lisse, fine, et n’a besoin d’aucun secours de l’art pour relever son éclat ; leurs yeux sont plus expressifs que ceux des hommes ; leurs cheveux varient aussi du châtain au noir, on ne remarque que très peu de blondes. Elles sont, en général, timides, modestes, et fort attachées à leurs devoirs ; laborieuses, économes, les soins de leur ménage forment leur principale occupation. Toutes celles qui ont des enfants les nourrissent de leur lait, et ne les confient que très rarement à des soins mercenaires.

Mœurs.

Les mœurs des habitants de Saint-Julien sont assez pures ; on ne rencontre que très rarement les maladies qui désolent les grandes villes, et, s’il en existe quelques-unes, elles y ont été apportées par des étrangers, ou contractées ailleurs. Sobres et laborieux, attentifs à leurs intérêts, les habitants de Saint-Julien ne sont tourmentés par aucune passion forte. L’instruction y est assez généralement répandue.

Nourriture.

La nourriture la plus ordinaire des habitants de Saint-Julien se compose de viandes de vache, de veau et de mouton ; très rarement ils font usage de volaille, de gibier ou de poisson ; beaucoup se nourrissent presque exclusivement de pommes de terre, de haricots, de lentilles, de choux, de salade, ou de laitage.
Le pain y est très compact et peu levé.
Presque tous les habitants boivent du vin ; il en est cependant qui ne font usage que d’une boisson faite avec le marc de raisin.
On fait généralement trois repas par jour : le déjeuner à neuf heures, le dîner a deux heures, et le souper à neuf heures.

Vêtements.

Les vêtements des habitants de Saint-Julien sont d’une grande simplicité, mais non toujours en rapport avec les saisons. La plus grande propreté se fait généralement remarquer, et cette propreté est le principal luxe des classes inférieures.

MOYENS A METTRE EN USAGE
POUR ASSAINIR LA PETITE
VILLE DE SAINT-JULIEN-DU-SAULT.

Il faudrait élargir et paver toutes les rues, faciliter le cours de l’air et des vents, dessécher les lieux marécageux, éviter les amas d’eaux croupissantes, d’immondices et de fumiers, faciliter le cours des rivières et établir dans la ville plusieurs fontaines dont l'eau servirait au lavage des rues.
Il serait urgent de combler les fossés qui servent de réceptacle à beaucoup d’immondices, et dans lesquels se trouvent des eaux dormantes et beaucoup de végétaux en putréfaction.
Il serait de la plus haute importance de placer le cimetière dans un lieu élevé et bien aéré.
Toutes les maisons devraient être blanchies à l’extérieur et à l’intérieur. De nouvelles ouvertures devraient être pratiquées là où l’air et la lumière ne pénètrent que difficilement. Le carrelage devrait être partout adopté. Tous les fumiers qui entourent les maisons devraient être enlevés, et les fosses qui les contiennent comblées de terre.
Le nombre des arbres qui entourent le pays et qui gênent considérablement la circulation de l’air et des vents devrait être diminué.
L’irrigation des prairies demanderait peut-être aussi certaines modifications, car il est bien certain que l’humidité qu’elle détermine est très nuisible à la santé.

Extrait de
Relation historique sur le choléra-morbus épidémique qui a ravagé la ville de Saint-Julien-du-Sault (Yonne), en mai et juin l832,
précédée de la topographie médicale du pays - Jules Hatin

Texte retranscrit par Cheny mon village - http://www.cheny.net

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