Délits contre les personnes : Injures

                Le moyen-âge poursuivit l'injure et même les mauvais plaisants. C’est ainsi qu'en 1451, le nommé Touchard s’étant avisé de sonner la cloche de sa paroisse la veille du mariage d’une fille en disant qu’elle était morte, fut condamné à une amende de quatre sous.
               De 1372 à 1593, les injures ont été punies d’amendes, et d’amendes honorables selon la gravité de l’insulte ou, semble-t-il, la position du coupable. Il est à remarquer que les termes employés se rapprochent singulièrement des nôtres. En 1372, on trouve « batard et pissez » punis par une amende.
               De 1489 à 1530, trois amendes honorables sont prononcées pour injures. C’est, en 1489, l’offensé qui requiert la condamnation d’un sieur Dubois qui l’a appelé « fils de putyn», et lui demande réparation. Il lui criera « mercy, à genos, des chauz, neuds teste et joinctes mains ». Pour Girardin l’amende honorable consistera « à crier trois fois mercy par trois dimanches, au partir de la messe, une torche au poing, pesant dix livres de cire. »
               Pendant la même période deux prêtres et un laïque sont condamnés à des amendes allant de vingt à quarante sous.
               Ultérieurement, la rétractation tend à remplacer l’amende honorable. Elle se complique d’amendes dont le taux, quand il est indiqué, dans la fin du siècle, est de quarante sous. C’est ainsi,qu’en outre de cette somme, Claude Quartier est condamné à tenir Antoine Gally pour « homme de bien, non bougre pénart », et Philippe Simonot à déclarer que la femme de Perruchot « n’est pas p... ni ribaude ».
               En 1588, on rencontre une sentence plus dure, mais il s’agit d’un sieur Lemoyne qui, à la juridiction consulaire d’Auxerre, a injurié les consuls sur leurs sièges et blasphémé le nom de Dieu. Il est condamné simultanément à faire amende honorable par-devant les dix consuls et à vingt livres d’amende.
               Enfin un simple désaveu est infligé par l’official à un chanoine.
               Il doit déclarer qu’il n’a point voulu injurier un confrère en lui disant : « qu’il était mieux chanoine de l’église que lui ».

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