Délits contre les personnes : Coups et blessures

                Les coups et blessures entraînent de nombreuses condamnations d'amendes, variables suivant l'époque,la gravité de la lésion. Trois individus ayant frappé des clercs et un prêtre sont punis d’amendes allant de dix à douze sous au XIVe siècle. Pierre de Courtenay, seigneur de la Ferté, frappa le curé de Chevy jusqu’à effusion de sang et encourut pour cela une amende de dix livres, mais obtint une dispense.
                A la seigneurie de Chastellux, les amendes étaient sans doute proportionnées à la qualité des délinquants et le nommé Guillemin, officier de Madame, dut payer vingt livres pour avoir battu ses receveurs et ses sergents. Vers la même époque, l’official d'Auxerre condamna à une amende de trente livres un clerc qui avait frappé d’un pot d'étain une sœur converse, dont la blessure avait causé la mort quelques jours, après.
                Au XVe siècle, le tarif est également variable. Ainsi on trouve une amende de sept sous infligée à un chantre par les juges du chapitre d’Avallon. Elle est de quinze sous pour deux délinquants parmi lesquels se trouve Jean Putois de Cezay, qui porta un coup de poing sur la tête du chapelain de ce lieu « parce que ce dernier le réprimandait d’avoir battu sa femme ». Trois fois elle est de soixante-cinq sous. Elle fut de douze livres pour noble Pierre de Courtenay, déjà cité, qui avait frappé violemment noble Claude de Saint-Julien, clerc.
                A côté de ces violences contre les personnes, ont été relevées des violences contre des animaux. C’est la truie d’un voisin qu'un propriétaire peu endurant trouve dans son pré et à laquelle il coupe les jarrets. C’est une chèvre qui est battue jusqu'à la mort. Dans les deux délits, l'amende fut de soixante-cinq sous.
                Au XVIe siècle cinq amendes pour des coups vont de trente à cent sous.
                A part mérite d’être noté le fait d'un jeune chanoine qui, en 1578, fut condamné à Auxerre à être fouetté en plein chapitre pour s’être battu avec un autre clerc. C’est le seul cas où une peine corporelle ou plutôt humiliante ait été employée et il n’est rappelé que comme un incident amusant dans cette étude.
                Au XVIIe siècle on ne trouve que deux condamnations, mais les peines s’aggravent et les dommages-intérêts se joignent aux amendes. Une scène de pugilat a coûté deux écus, trois livres cinq sous. D’autre part, un clerc nommé Bouveret, chanoine de Sens, qui s’était permis des violences vis-à-vis d’un rôtisseur, fut condamné à trente livres d’amende et à un séjour de six mois au séminaire.
                Au XVIIIe siècle une sentence de la maîtrise des eaux et Forêts d’Auxerre condamne à trois ans de galères deux hommes pour fait de rébellion contre les sergents de la maréchaussée qui poursuivaient contre eux un vol de bois de la forêt d’Hervaux.
                Tous les délits précédents sont individuels mais le moyen âge en connut d'autres. Ce sont de véritables attaques à main armée. C’est ainsi qu'en 1485 Julien Aoust, fermier, regrettant d'avoir remis au prieur de Sixte les dîmes qui lui étaient dues, prit avec lui « sept à huit hommes embastonnés, se transporta en l’hôtel du Prieur en s'efforçant de l’oultrager et de faire rendre toutes les gerbes de dîmes déjà rendues, et enlevèrent de force celles qui étaient dans les champs. »
                Une autre fois, en 1507, c’est le seigneur de Maligny et son châtelain Jean de la Motte qui « à la tête de quarante hommes armés et embastonnés » ont arrêté deux officiers de justice de l'abbaye de Notre-Dame de Pontigny et les emprisonnèrent. Ils furent condamnés pour ce fait devant le bailli d’Auxerre.

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