Délits contre les personnes : Assassinats

                Après les coups et blessures, les assassinats. Et ils sont fréquents au moyen âge.
                En voici trente-et un : dans vingt-cinq la peine de mort a été prononcée.
                Au XIVe siècle on composa facilement,semble-t-il,avec la famille ou la collectivité à laquelle appartenait la victime. C’est ainsi que pour compensation de la mort de Jobert, homme de l’abbé de Sainte-Colombe, le meurtrier paie dix livres à sa femme.
                En 1429, l'abbaye de Saint-Remy-lès-Sens rachetait une rente de dix-huit setiers de grain, moitié froment et moitié seigle, qu’elle payait par composition pour deux homicides faits par des hommes lui appartenant.
                Un clerc est convaincu d’avoir eu pendant longtemps des rapports avec les Anglais, commis des vols, des homicides. Il est condamné, puis on compose à quatre livres d’amende.
                Ce n’est vraiment pas cher pour tant d’exploits.
                Le meurtre d’un nommé Pourche, maître des comptes à Dijon, par un M. de la Varenne fut également réglé par transaction. Il y eut une réparation civile de trente mille livres et le coupable dut s’éloigner pendant un an.
                Enfin, en 1363, la femme de maître Thomas Varin, conseiller du roi, possédait un petit chien qui fut tué par un enfant. Elle vengea si bien son caniche qu’elle tua elle-même le gamin, involontairement paraît-il. Elle obtint du roi des lettres de grâce.
                Au XVe siècle la façon de punir se modifie, et l’on voit apparaître la peine capitale.
                Au XVIe siècle, sur onze affaires de ce genre on a neuf condamnations à mort. On y trouve le seigneur de Ferrières, homicide et faux monnayeur.
                A Chastellux, en 1534, une sentence donnée par défaut contre trois individus convaincus d’homicide porte qu'ils seront roués vifs au lieu où a été trouvé le cadavre. A l’abbaye de Notre-Dame-de-Pontigny, même peine fut prononcée par défaut en 1554 contre deux meurtriers.
                En 1584-85, à la même abbaye, plusieurs meurtriers sont condamnés à être pendus et étranglés, avec confiscation des biens. L’exécution, les coupables ayant pris la fuite, eut lieu en effigie.
                Bien que les transactions soient devenues rares on en trouve encore une vers 1527. Il s’agit d’un sieur Garry qui a assassiné un sieur Perceval. D’après la transaction survenue entre le meurtrier et sa veuve, il dut payer trois cents livres de dommages-intérêts aux enfants du défunt, deux cents à sa veuve, et faire célébrer des services religieux pour le repos de son âme.
                En 1583, une grave information criminelle fut ouverte par les officiers de la prévôté de Dillo contre un religieux, Nicolas Gadin, qui voulait forcer le prieur de Bussy à lui résigner son bénéfice. Sur le refus du prieur, il s’adjoignit dix bandits avec lesquels il tua trois personnes et empoisonna le prieur. Malheureusement, la pièce des archives n’indique pas la solution intervenue.
                Au XVIIe siècle, on relève neuf affaires dont huit condamnations à mort et une aux galères. Comme dans le siècle précédent c’est la potence qui fonctionne et à ce supplice s’ajoute la confiscation des biens. Quand le coupable fait défaut, il est pendu en effigie.
                Parmi ces assassinats, on remarque en 1632 une sentence du prévôt de Pontigny condamnant à mort par contumace le chirurgien Etienne Rozier qui a assassiné un de ses confrères.
                Les transactions semblent avoir complètement disparu.
                Au XVIIIe siècle on a relevé deux meurtres, mais une seule procédure est complète. Il s’agit d’un sieur Reynard qui a assassiné son domestique et qui fut condamné à mort. Ses biens furent séquestrés.
                Enfin pour compléter la série, on trouve deux arrêts du Parlement confirmant une sentence du prévôt de Champigny portant condamnation à mort d’habitants de la seigneurie coupables d'homicide.
                Au résumé on voit dans cette rapide revue des questions d’assassinats les compositions avec les familles, habituelles au XIVe siècle, disparaître au XVIe. Les condamnations à mort deviennent la règle. C’est d’abord la roue puis la potence qui constituent les principaux moyens d’exécution.

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