Délits et crimes religieux : Jeux et sanctifications du dimanche

                En outre des dispositions générales qui régissaient certaines distractions, on sait que les plaisirs comme le travail étaient soumis à une réglementation spéciale vis-à-vis du culte, soit comme moment, soit comme lieu.
                Au XIVe siècle, on trouve quatre amendes de six, dix et trente sous infligées soit à des hommes, soit à des femmes pour avoir travaillé des jours de fêtes. Ou cite les jours de la fête de saint Simon et saint Judes, de saint Laurent et de saint Etienne.
                Au XVe siècle, le seigneur de Chastellux rappela à l’observation du dimanche par une ordonnance prescrivant aux taverniers de la seigneurie « de ne non souffrir aucun joueur de cartes, des tables et autres jeux, ni que, aux dimanches durant le divin service, de vendre, détailler aucun vin jusqu'à ce que le divin service soit fait, et ce à peine de prison. »
                En 1476, on trouve encore une amende de dix sous pour jeux, mais il s’agit simplement d’un amateur qui a joué aux quilles en vêtements indécents.
                Au XVIe siècle des faits analogues sont notés, et une amende de sept sous est infligée à un homme qui a bu en taverne durant les vêpres de sa paroisse. Un nommé Gerbault est condamné à seize sous parisis d’amende pour avoir joué à la boule en dedans de l’abbaye de Saint-Jean-lès-Sens, devant l’église. Il fut rappelé de ce jugement par-devant le bailli qui confirma la sentence. Enfin, le jour de l’an a été considéré comme jour férié, et une condamnation à soixante sous d’amende fut portée contre un homme qui avait joué aux cartes ce jour-là.
                Au XVIIe siècle, ces défenses ne perdirent point de leur importance. C’est ainsi qu’à Villeneuve-lès-Guiard, il était défendu aux habitants de danser sous peine de dix livres d’amende ; aux cabaretiers de donner à boire passé huit heures en hiver, neuf en été, et, en tout temps, pendant les offices divins.
                A Nemours, une ordonnance du bailli défendit de jouer aux quilles ou aux bâtons près de la chapelle du lieu, en particulier le jour de la fête de Saint-Gilles, sous peine d’une amende de quarante livres.
                La maîtrise des eaux et forêts de Sens suivit elle-même ce mouvement, et il fut défendu de pêcheries fêtes et dimanches. Enfin, deux débitants qui avaient laissé jouer aux jeux de quilles et donné à boire, l’un pendant les vêpres du dimanche, l’autre le jour de la fête de l’Assomption, furent condamnés à six livres d’amende.
                En 1601 eut lieu un incident d’un autre ordre. Quelques personnes se réunirent pour e empêcher les religieux de célébrer la messe dans l’église de Saint-Denis le jour de la fête patronale. Ils furent condamnés chacun à deux écus d’amende.
                Au résumé, ces faits ont toujours entraîné des amendes. Au XVIIIe siècle, il n'en a été relevé aucun.
                A part on doit placer la pénalité du clergé et d’après une pièce de 1645, tout membre de l’Eglise allant au cabaret doit être excommunié.
                Les écarts de tenue étaient également réprimés, et un curé de Chartrettes fut condamné à une amende en 1513 pour avoir joué à la paume en bras de chemise.

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