Les usages, croyances, traditions, superstitions de l'Yonne

La santé, les remèdes

A Collemiers, le jour de la Chandeleur, les femmes portaient à l'église un peu d'huile qu'elles versaient dans une lampe placée devant l'autel de la Vierge. Après les vêpres, on se partageait l'huile que l'on considérait comme un remède très efficace pour les maux de gorge.
Au commencement du XIXe siècle, quand un enfant avait des coliques, on courait à Saint Aubin (commune de Saint-Brancher), on trempait une chemise dans la fontaine située au chevet de la chapelle et on revenait en toute hâte revêtir l'enfant du vêtement mouillé.
Il y a une quinzaine d'années seulement (nous sommes en 1924), un médecin du service faisant déshabiller un enfant assisté, dans un faubourg d'Avallon, trouvait sous la chemise de l'enfant, sur la poitrine et sur le dos, deux sachets contenant chacun une griffe de taupe ; c'était là un préservatif contre le mal de gorge.
On frotte les gencives d'un jeune enfant avec de la cervelle de lièvre pour lui assurer une dentition sans douleur.
On traite les oreillons et les engorgements lymphatiques en faisant boire à l'enfant l'eau qui reste dans un seau où vient de boire un cheval ou un âne.
A Villeneuve-l’Archevêque, le jour Saint-Jean, dés que minuit a sonné, ou va tirer de l'eau au puits, et tous les habitants de la maison, animaux compris, en boivent pour conjurer diverses maladies.
On ne coupe pas les ongles aux enfants avant qu'ils commencent à parler et surtout à balbutier "du sel", sans quoi, plus tard, ils seraient infailliblement voleurs.
Ordonnance de médecine populaire en Puisaye pour guérir les fièvres intermittentes : couper les ongles des pieds, envelopper les rognures dans un papier ou dans un linge, et, muni d'une vrille ou d'un villebrequin, se rendre au bois voisin sans parler à personne. Arrivé là, pratiquer avec l'instrument un trou dans le premier chêne qu'on rencontre introduire dans ce trou le papier ou le linge avec un couteau ; cheviller fortement le tout, revenir toujours en silence au logis, réciter un Pater et un Ave et se signer trois fois. Vous êtes guéri, car la fièvre est enfermée dans le trou d'arbre avec les débris d'ongles.
A Ligny-le-Châtel, veut-on connaitre l'état de santé des membres absents de la famille ? On consulte le Mirlousé (petit bonhomme en pàte d'environ 25 centimètres de hauteur, gardé d'une année sur l'autre par les vignerons). S'il est en bon état, tous les parents le sont pareillement. S'il s'amollit un peu, il y a lieu de s'inquiéter. S'il est atteint de quelques taches de moisissure, il faut veiller avec soin car, pour peu que la tache vienne à s'étendre, malheur aux parents éloignés il n'est que temps de préparer les habits de deuil.
Près de Flacy, une procession est faite, le 1er septembre, à la fontaine Saint-Loup, réputée favorable aux enfants affectés de maladies nerveuses.
Sainte-Reine à Villiers-Saint-Benoit. Qu'on jette dans cette source une chemise destinée à un malade, si la chemise coule à fond, c'est un présage de mort ; si elle surnage, c'est assurance non seulement de guérison, mais encore de longue vie.
A Bléneau, lorsqu'éclate une épidémie, on allume tous les soirs, dans les rues, à la tombée de la nuit, des feux de genièvre pour chasser le mauvais air. On danse en rond autour, puis on saute pardessus la flamme.
Remède infaillible, au dire de certains habitants de Saint-Martin-sur-Ouanne, pour les maux d'oreilles boire après une poule ou après une bourrique.
A l'usage des mères et des nourrices : qu'elles se gardent de faire embrasser deux bébés qui ne parlent pas encore l'un des deux serait muet.
A Maligny, Baon, Varennes, à la Chandeleur, on ne se contentait pas de faire des crêpes. Avant de les manger on se les appliquait sur la figure pour éviter d'être piqué par les mauvaises mouches et par les cousins pendant la moisson.

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